‹ Les poésies complètes de Charles Monselet (volume 2)Chapitre 50 sur 95 · D'UN HANNETON · texte numérisé non relu

D'UN HANNETON

'ou sors-tu, bon camarade?

De la terre, c'est certain.

Plus tard, d'un chêne hautain Tu choiras dans la salade.

Je suis aise de te voir.

J'aime ta lourde mimique.

Gauclie et lent à te mouvoir.

Tu confines au comique.

Ton habit propre et marron.

D'un beau marron de finance, Te donne l'air d'un baron, Riche, sans impertinence

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Je crois que des plans confus Se disputent dans ta tête.

On dit, quand ton pas s'arrête, Que tu comptes tes écus,

O la naïve légende 1 Ainsi me sont expliqués Dans ta pesanteur si grande Tes efforts si compliqués

Et les graves tentatives Que, pour prendre ton essor, Font tes sacoches rétives, O comptable chargé d'or !

D'abord, comme un parapluie.

Tes larges basques — décor — S'ouvrent, laissant de ton corps Paraître l'anatomie.

De ton hésitation

Nous suivons toutes les phases

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Et la palpitation

De tes transparentes gazes.

A quoi bon tant de façon?

Pourquoi cette âme indécise?

Vas- tu t'en voler? — Oui. — Non.

— Non. — La partie est remise.

Tu voudrais, tu ne peux pas,

Ou tu ne veux pas. Mystère !

Un souffle inconnu d'en bas

Semble te clouer à terre.

r C'est en vain que les marmots

T'excitent par la parole,

En criant : « Hanneton, vole ! »

Tu restes sourd à leurs mots.

Ils jurent tous par saint George, En te menaçant du poing, Qu'ils te couperont la gorge...

Hanneton ne vole point.

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