‹ Les poésies complètes de Charles Monselet (volume 3)Chapitre 25 sur 102 · LE GODIVEAU · texte numérisé non relu

LE GODIVEAU

UAND j'étais tout petit, j'aimais les godiveaux, Où, modeste traiteur, souvent tu te révèles. A présent que je vais aux recettes nouvelles, Et que mon appétit vole aux gibiers nouveaux,

Je me souviens. Malgré grives et bartavelles, Je regrette le temps où, fou de maniveaux, Je dévorais la croûte où nageaient les cervelles Et les crêtes de coq, avec les ris de veaux.

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Ces godiveaux, orgueil des bourgeoises familles, Étaient, en ce temps-là, pareils à des bastilles ; La salle s'imprégnait de leurs puissants parfums;

Et, jeune âme déjà conquise à la cuisine.

J'oubliais de presser le pied de ma cousine.

— Et je pleure, en songeant aux godiveaux défunts.

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