LE TRÉPORT
A mer pendant la nuit, C'est de l'encre et du bruit.
C'est une bouche horrible Ouvrant sur l'invisible.
Au loin naît un sanglot Qlù domine le flot,
Une plainte infinie Comme dans l'agonie.
Ce sanglot prolongé Vient-il d'un naufragé?
Non ; des Océanides
Ce sont les chants perfides.
Leur nombre va croissant :
Elles sont d'abord cent.
Puis deux cents, et puis mille, Sur le goufFre mobile.
Se tenant par la main, Sous le ciel inhumain,
Elles font une ronde
A demi-corps dans l'onde ;
Leurs cheveux déroulés A des lleurs sont mêlés;
Leurs froids visages pâles Ont des lueurs d'opales;