DUPONT ET DURAND
Vive le document humain, la gravelure, Les filles et le vin! Plutôt que d'embêter. Je veux scandaliser, révolter, irriter.
Je veux régénérer le volume et la scène : L'horrible étant usé, je donne de l'obscène. Le pochard vieillissait, j'ai donné le poivreau. Richer en me lisant rit à plein tombereau. Même un soir j'ai, souillant la jupe des actrices, Traîné mes pieds boueux au pays des coulisses. Ainsi vais-je, donnant de grands coups de boutoir, Et-j'ai des déshonneurs nouveaux pour le trottoir.
DUPONT
Bon! je sais maintenant le nom dont on te nomme. N'es-tu pas l'auteur de....?
DURAND
Justement, mon bonhomme.
DUPONT
Et de...?
DURAND
C'est bien cela.
DUPONT
Reçois mes compliments.
Ton œuvre est en faveur près de quelques déments, Et tu resplendiras dans la race future Parmi les criminels de la littérature.
DURAND
La confiance en moi ne m'a jamais manqué.
DUPONT ET DUUAND 22 1
Il ne me déplaît pas, mon cher, d'être attaque. Au contraire. J'éprouve une jouissance Apre En lisant un article acide comme cAprc.
DUPONT
Bravo! je vois en toi l'homme que je cherchais.
DURAND
Vraiment, mon cher Dupont!
(A part.) Qu'est-ce que je disais.
DUPONT
Un jour si fortuné veut une apothéose : Entrons au cabaret ; otlre-moi quelque chose.
DURAND
Viens, je sais un journal qui vaut un cabaret.
DUPONT
Après vous.
DURAND
Aprè.^ vous.
DUPONT
Après vous, s'il vous plaît.