UNE CHANSONNETTE DES RUES ET DES BOIS
Pour qu'on dise à la montagne, Pour qu'on dise aux prés itou :
Celui qui bat la campagne, C'est Olympio- Pitou !
Sous la tonnelle parée De rayons et de parfums, J'accommode une purée De noms propres et communs;
Et ma muse, qui s'essaye A l'école du buisson, • Exproprie Arsène Houssaye De ses nappes de cresson.
A moi le thym et le hêtre !
A moi la cime et le val!
Dieu, c'est un garde champêtre, Agent du maire idéal.
Pour casque, il a la feuillcc; Pour sabre nu, le soleil; Et sa plaque fut taillée En plein firmament vermeil.
Soyons bon, quoique sublime,
P'amilier et tolérant.
Babillons avec l'abîme;
Disons : « Mon vieux! » nu torrent
I;NE chansonnette des rues et OtS BOIS 2^D
Confondons Taire et la mare, Et mêlons — douce leçon!
La Genèse au Tintamarre, Homéros à Commerson.
Soyons même un brin canaille; Parlons l'argot de Pantin; Allons chercher Lafouraillc; Qu'on amène Corentin.
Au bouchon, où j'aventure Mon oreille auprès du feu, Sachons ce que la friture Fredonne au petit vin bleu î
Qu'on l'appelle Cydalise, Antiope, Elisabeth, Suzon, Violante, Lise, Toinon, Toinette ou Babei,
CJ'cst toujours la même femme, Charmant problème attife; C'est la même grande dame, .
Et le même chien coitfé.
Pour moi, je les aime toutes.
Qu'elles vivent sous un dais, Ou que sur les grandes routes Elles guident les baudets.
2 5G t;nf, chansonnf.ttk des rues et des bois
Collier divin que j'égrène, En ce temps de renouveau, Celle-ci dit : — Ma migraine!
Celle-là dit : — Notre veau!
Béranger a des Lisettes Pouvant servir encor bien, En arrangeant leurs risettes Au style néo-païen.
Ma chansonnette lascive Ne demande qu'à voler.
Et même un peu de lessive Ne me fait pas reculer.
Ça me change, moi le mage Et le prophète effaré, De voir Colinette en nage M 'apostropher dans un pré,
Et, flamboyante carogne, Fourche en main, crier, oui-dà :
— Ça va cesser, où je cogne!
A-t-on vu cet enflé-là !
C'est convenu. L'on s'en lasse.
On n'en veut plus. Ici gît.
Soit. C'est dommage. Tout passe.
D'Arlincourt et Marchangy.
UNE CHANSONNETTE DFf RUES ET DES BOtS 2^7
Soyori!* simples. Adieu, Ictc.
Me voici, tlîitc; adieu, cor.
Je suis brise; adieu, tempête.
Je suis... Allons, bon, encor!
O l'antithèse tenace!
Le procédé forcené !
O tropc, à ta double face (^ue je suis acoquiné!
Je suis le doif;t ; toi, l'écorcc.
Je suis poisson; toi, filet.
Qui vaut mieux, du tour de force Ou du tour de gobelet."
Vous aimez Blois; moi, Dunkerque.
Votre goût dit foin au mien.
Parmentier vaut Albuquerque; Sapristi vaut Nom d'un chien!
I.a canne sied au podagre, Le zéphyr sied au roseau; Tout critique est un onagre, Tout poète est un oiseau.
Ainsi babille ma muse; Tout est de se mettre en train.
Je peux, si ça vous amuse, Aller jusques h demain.
Myosotis et Pivoine!
Spartacus et Trou -Bon bon !