‹ Les poésies complètes de Charles MonseletChapitre 157 sur 179 · I.yre, Redouble ici tes plus touchants · texte numérisé non relu

I.yre, Redouble ici tes plus touchants

Chants !

Je veux te louer comme un barde

Barde Qui dore le puissant dindon.

Don!

De la poularde de la Flèche

Lèche La cuisse blanche et l'aileron

Rond.

Qu'es-tu, toi, terrine truffée ?

Fée.

Et vous, qu'êtes-vous tous, chaufroix?

Rois.

Mais, pendant qu'ici je m'amuse.

Muse, Voici les légumes amis

Mis.

3l2 'MENU d'un réveillon

Le petit pois, de sa précoce

Cosse Tombe dans un jus que le thym

Teint.

La charlotte, que la pistache

Tache, Pour ceinture a des massepains

Peints.

Ta chair, sous sa croûte assombrie,

Brie, Est plus blanche que les pâlis ' . Lis.

Dans mon estomac déjà dense

Danse Pêche, figue, raisin, chinois,

Noix.

Arrêtez-vous, plus de tapage,

Page, Et vous qui marchez de travers.

Vers!

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PREFACE

/ POUR LES Femmes qui font des scènes.

Vous êtes marié, très marie, mon cher; Personne plus que moi ne vous en félicite. Parmi les gens heureux en tous lieux on vous cite ; Voulez-vous rire un peu — des autres — par b£l air?

Ma muse, grâce au ciel, est une des plus folles; On ne la comprend guère au delà de Paris. Vous lisez cependant les choses que j'écris; C'est que vous demeurez tout juste à Batignolles.

Si je vous dédiais cet ouvrage sans fiel ? Pourquoi pas? — Mais alors silence à votre femme! J'y raille doucement un sexe pour lequel Je suis toujours tout prêt à vendre ma pauvre âme.

3 14 PRÉFACE

C'est l'œuvre d'un esprit qui, revenu du Lac, Toujours trompé, se croit de plus en plus sagace; Un obscur descendant du rayonnant Boccace, Un séïde à tous crins de Mahomet-Balzac.

Balzac est ce grand maître en malice émérite, L'éclaireur sans pitié de ceux qu'on va dupant, L'Astolphe qui ricane où Joconde s'irrite, Le damné confesseur des filles du serpent.

C'est ce témoin narquois perché sur leurs faiblesses, Comme un faune égrillard qui guette un couple amant, Et qui, derrière un arbre, épiant leurs caresses, Entre deux longs baisers jette — un éternuement!

J'ai peut-être trop lu les Contes drolatiques^ Et les ai lus trop tôt, je dois en convenir. La moquerie â pris mes instincts poétiques, Et, me voyant ému, m'a dit : — Ça va finir!...

Depuis je vais riant des femmes que j'adore, Sûr qu'on me le rend bien, qu'on me l'a bien rendu, Et qu'on me le rendra plus d'une fois encore. Donc, sauvons mon esprit^ si mon eœur est perdu!

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EPITHAI.AME

POUR LE MARIAGE DE MA FILLE LoUISE.

L.'enfant s'en va de la maison ; Elle part, l'amoureux l'emporte.

Adieu, Louisette; adieu, Louison!

Ouvrez la porte.

Adieu, la petite à l'œil bleu, La mignonne toujours accorte !

Adieu, l'oiseau; ma fille, adieu!

Ouvrez la porte.

Ton roman n'a rien de nouveau ; Cela se passe de la sorte.

Le bonheur te tend son manteau ; Ouvrez In porte.

3l6 ÉPITHALAME

Ce bruit de porte dans mon cœur Vient de retentir... mais qu'importe?

L'amour jette son chant vainqueur; Ouvrez la porte.

Émus nous demeurons au seuil; Nos souhaits te feront escorte.

Ma femme, suivons-la de l'œil.

Ouvrez la porte.

4 novembre 1882.

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