‹ Les poésies complètes de Charles MonseletChapitre 39 sur 179 · LE COCHON · texte numérisé non relu

LE COCHON

v>ARtout est bon en toi : chair, graisse, muscle, tripe! On t'aime galantine, on t'adore boudin.

Ton pied, dont une sainte a consacré le type ' , Empruntant son arôme au sol périgourdin,

Eût réconcilié Socrate avec Xantippe.

Ton filet, qu'embellit le cornichon badin, Forme le déjeuner de l'humble citadin; Et TU passes avant l'oie au frère Philippe.

Mérites précieux et de tous reconnus!

Morceaux marqués d'avance, innombrables, charnus!

Philosophe indolent, qui mange et que l'on mange!

Comme dans notre orgueil nous sommes bien venus A vouloir, n'est-ce pas, te reprocher ta fange ? Adorable cochon! animal roi ! — cher ange!

1 Sainte Ménehould.

LA PUREE CRECY

l\u\ jours de dîme et de taille, Crccy fut une bataille. Dont le pays maltraite Garde la plaie au côté.

Combat d'estoc et de taille !

De cette cruelle entaille, O contraste! il n'est resté Qu'un potage réputé.

Le temps a, pour nos détresses, D'irrésistibles caresses Dont chaque âge est adouci.

Légumes taillés en pièces Disent seuls, en ce temps-ci, Les grands combats de Crécy.

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