TUÉ POUR UNE ROSE
Un pourpoint qui se fane, Noir comme une soutane, L'habit d'un bachelier; Et son livre de messe Qu'il tient avec tristesse Auprès du bénitier.
Sur ses tempes d'ivoire, Sa chevelure noire Se déroule sans art; Un genou sur la pierre, Comme un ange en prière, Il lève son regard.
Rien ne peut le distraire D'auprès du baptistère, Ni les fleurs du plafond.
Ni le chant des cantiques, Ni les douces musiques Que les sœurs blanches font.
Pourtant, à votre entrée Bruyante et préparée, Madame, il s'interrompt; En frôlant votre frange Une rougeur étrange Monte jusqu'à son front.
Pour vous donner l'eau sainte Il se lève avec crainte, Gracieux, incertain;
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Il sourit, veut et n'ose, Et d'un bout de doigt rose Effleure votre main.
Madame, il est une heure Où, dans votre demeure Qui s'ouvre pour le bal.
Lorsque la valse ondoie Avec un bruit de soie Incessamment égal;
Il est une heure, dis-je.
Où votre œil se dirige Vers le balcon désert; Où, fuyant l'air qui brûle, Vous cherchez la pendule Au milieu du concert.
Cette atmosphère ardente.
Cette flamme abondante, Cet éclat dans la nuit.
Ces fleurs que l'on prodigue, Tout cela vous fatigue Et vous remplit d'ennui
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Et VOUS prêtez l'oreille, Car — soudaine ^jierveille — On entend au lointain Comme un bruit de guitare, Qui passe et qui s'égare, Et dont le chant s'éteint...
Alors, à la croisée Nonchalamment posée, — Le voile soulevé, — De votre main gantée Une rose jetée Tombe sur le pavé.
Au détour de la rue, Vision apparue, Tout à coup et sans bruit, Du pilier qui le cache, Un homme se détache, La ramasse et s'enfuit.
u Holà! mon jeune maître, « Vous plairait-il peut-être u De me faire l'honneur a De croiser la rapière, «f Si vous n'avez à faire ti Qu'à baiser cette tleur?