‹ Les poésies complètes de Charles MonseletChapitre 7 sur 179 · TUF. POUR UNE ROSE 3 I · texte numérisé non relu

TUF. POUR UNE ROSE 3 I

(c Près l'hôlcl de ma femme « J'ai pour vous une lame, (i Vrai joujou de muguet, « Qui s'usait sur les pierres, « Depuis trois nuits entières " Qu'ici je fais le guet.

" Mon jeune maître, en garde!

» La lune nous regarde

u Avec des yeux tremblants... »

Mais l'amoureux s'arrête

Et détourne la tête :

u Horreur! des cheveux blancs! »

« — Est-ce le réverbère c( Qui vous jette en arrière « Et fait votre stupeur?

« Ah! dit-il, je devine :

« Visez h la poitrine, » Si le front vous fait peur! »

Et le combat s'engage

F'urieux, plein de rage;

Et l'on ne voit bientôt

Que deux éclairs, — deux lames,

Deux prunelles, — deux flammes,

Deux souffles, — pas un mot ;

Deux masses qui s'évitent, Deux poignets qui s'agitent, Dont l'un plonge — et revient!

b2 TUE POUR UNE ROSE

Puis une chute lourde,

Une prière sourde,

Du sang, — un cri, — puis rien.

Seul, au coin d'une borne, Don Juan, pâle et morne.

Demeure jusqu'au jour.

Son jeune cœur se navre :

C'est son premier cadavre.

C'est son premier amour.

ENVOI

A vous ces vers, madame; C'est bien frivole, dame!

Mais je les fis pour vous.

Les chansons et les roses, Ce sont là de ces choses Qu'on accepte de tous.

C'est un conte d'Espagne, Qu'à travers la campagne, Un soir du mois de mai, Près de votre charmille, En strophes de Castille J'ai doucement rimé.

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