‹ Les poésies complètes de Charles MonseletChapitre 62 sur 179 · DRAGON IVRE · texte numérisé non relu

DRAGON IVRE

U iN dimanche d'été, sur le quai Malaquais,

Derrière lui j'allais, et je le remarquais.

Vacillant, ce dragon se frayait des passages

A travers tout le monde, et gênait les gens sages.

Il suivait lourdement le long du parapet,

Et, de l'autre côté rebondissant, frappait

Les bancs verts du trottoir ou salissait aux ormes

Le cuir qui tapissait ses pantalons énormes.

Les litres avaient mis dans son regard l'azur

Qui fait que l'on réclame avec instance un mur.

Professeur de feston, artiste en astragale,

L'opinion d'autrui lui semblait fort égale.

Et ses gestes n'avaient rien qui leur commandât.

On devinait en lui, sous l'habit du soldat,

Un villageois sentant encore la luzerne.

Il murmurait ces mots : « Permission... caserne... »

Là-bas de l'horizon descendant les degrés Dans un entassement de nuages dorés,

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