‹ Les poésies complètes de Charles MonseletChapitre 63 sur 179 · DRAGON IVRE · texte numérisé non relu

DRAGON IVRE

Le soleil se couchait du côté de Grenelle;

Mais cet astre indiscret offusquait la prunelle

De ce dragon. Son casque, essayant un essor.

Sur son front en sueur flamboyait, globe d'or.

Les passants s'en allaient dîner, et les familles

Évitaient le guerrier, surtout les jeunes filles:

Non pas que son allure eût rien d'inquiétant

Pour la pudeur... Jamais! Lui, vertueux. Pourtant,

Il souriait aux voix qu'il paraissait entendre;

A sa lèvre entr' ouverte un refrain semblait pendre.

Tel passait ce dragon, buttant à chaque pas.

Menaçant de crouler, et n'ayant même pas

Cet instinct révolté qui fait que l'on se cabre,

S'emberlificotant les jambes dans son sabre.

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