‹ Les poésies complètes de Charles MonseletChapitre 82 sur 179 · MONACO · texte numérisé non relu

MONACO

v>ERTES, ô Monaco, j'admire ta terrasse

De marbre, tes palmiers au pittoresque essor,

Ton casino vermeil qui s'étage avec grâce,

Et tant d'ombreux détours d'où le regard embrasse

L'horizon enflammé qui chante un hymne à l'or!

Ensemble éblouissant de géantes broussailles, De monstrueuses fleurs et d'arbres fabuleux ! Invraisemblable roc qui rappelle Versailles, Avec la mer en plus, aux tons follement bleus!

Mais moi dont, pour un rien, l'œil quelquefois se mouille, Ce qui m'a, l'autre soir, charmé soudainement, C'est sous le ciel obscur et près du flot dormant, Dans un petit ruisseau le chant d'une grenouille.

Cri timide perdu sous le roseau tremblant!

— Que deviez-vous penser, terre patricienne, 7

PETITS VOYAGES l63

Fiers cactus qui coûtez si cher à monsieur Blanc, En entendant chanter l'humble batracienne?

Naïfs coassements, rauques et réguliers!

Note toute française en ce concert d'Afrique.' Vous m'avez fait rêver d'un certain toit de brique, Au loin, — et j'ai revu la neige des pommiers...

Aussi, quand je serai trahi par la fortune, Ce qui m'arrivera souvent, grâce au zéro, J'irai plus d'une fois encore, à la nuit brune, Entendre ta rainette, ô parc de Monaco!

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