‹ Les poésies complètes de Charles MonseletChapitre 83 sur 179 · ENCORE MONACO · texte numérisé non relu

ENCORE MONACO

A Monaco l'on chasse et l'on déchasse.

Point n'est besoin pour cette chasse-là De cors sonnant et de limiers de race. On y va seul, tout comme me voilà.

Et cependant, en Inde ou dans la Thrace, Dans les halliers qu'on n'ose traverser, Oncques ne vit animal plus vorace Que l'animal que l'on y vient forcer.

A Monaco l'on chasse et l'on déchasse.

Cet animal à la triple cuirasse, Qui sait braver et le plomb et l'épieu, Sirène, sphinx, méduse à l'œil qui glace, Monstre charmant dont on a fait un dieu, C'est la Fortune ! Espérance ou menace ! Elle a placé son trône dans ce lieu.

Pour la dompter, l'or de Richard Wallace Et des Rothschild serait encor trop peu. A Monaco l'on chasse et Ton déchasse.

Mais elle est femme avant tout, et se passe Plus d'un caprice étonnant ou moqueur.

Maint beau garçon, ne payant que d'audace, Est, pour un soir, devenu son vainqueur. Ayant trop mis sur les a six du milieu », Pour prendre l'air je vais sur la terrasse. L'air! voilà tout ce que j'ai pris au jeu. A Monaco l'on chasse et l'on déchasse.

l68 PETITS VOYAGES

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