‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 108 sur 133 · LILAS · texte numérisé non relu

LILAS

A MAURICE DE CHATILLOV.

Toute fleur a, dans sa corolle Et dans son calice entr'ouvert, L'avertissement, le symbole Où cependant l'esprit se perd...

On préfère pour une cause :

Qui l'œillet, le lis ou la rose; Qui le parfum d'une autre fleur.

Chacune garde en elle-même Un souvenir d'amour suprême Epanoui pour notre cœur.

Des lilas l'arôme m'enivre !

Il me rappelle l'heureux temps

Où, quand je commençais à vivre.

J'allais en cueillir au printemps.

Plein mes petits bras, pour ma mère;

Et j'étais si sûr de lui plaire

Que fier j'attendais son retour.

Je profitais de son absence;

Et j'avais, pour ma récompense,

Un baiser parfumé d'amour.

Fleurs, parfums de ce temps prospère, O frais lilas , qu'elle aimait tant !

A toutes fleurs je vous préfère.

Et quel fils n'en dirait autant?

Dans l'ordre de la Providence, Tout est mystérieux, immense..

Lilas! qui m'entourez, je dis :

(( Que votre arôme tutélaire Contient de l'âme de ma mère, Bien qu'elle soit en paradis ! »

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