‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 110 sur 133 · CHANSON DU NAIN · texte numérisé non relu

CHANSON DU NAIN

A CHARLES SOEHKE.

Au beau soleil couchant^ Mon chant Est doux Pour vous.

Aimez le plus que vous pourrez.

Après , Allez errer sur les coteaux ; Regardez les champs, les hameaux,

Les prés.

Et ne pensez jamais aussi

Ceci :

Que tout s'efface ou disparaît, Que tout bonheur laisse un regret.

Ainsi ,

Quand vous aurez quelque douleur.

Rêveur, Vous ouïrez au fond des bois Le vent dire, sonore voix :

Erreur!... y

Car, un souvenir est encor

L'accord

Que l'on écoute & que l'on suit.

Comme le son triste, qui fuit.

Du cor.

Au printemps où tout reverdit,

Sourit, Tout renaît, l'âme avec la fleur; Tout me console, & dans mon cœur

Me dit :

(( Si dans les forêts tout est noir

Le soir , Dans nos nuits comme dans nos jours.

Ce qui resplendit est toujours

L'espoir! »

Espérons! & nains harassés.

Blessés...

Nous irons où les vieilles tours Nous disent que sont leurs beaux jours.

Passés !...

Salut, ô coucher de soleil

Vermeil !

Jamais nul ne te re verra...

Jamais Dieu ne te refera

Pareil.

Au beau soleil couchant.

Mon chant Est doux Pour vous.

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