‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 117 sur 133 · A MON AMI E. C · texte numérisé non relu

A MON AMI E. C

COMPOSITEUR A LA XOU VE LLE-ORL E A\'S.

Il est des airs qui font époque dans la vie. A ces chants d'autrefois on se sent tressaillir... Notre âme aux temps passés se reporte, ravie, Laissant les temps présents pour mieux se recueillir.

Hier j'entendis chanter, au pied de ma fenêtre. Un orgue, rien de plus. Comme un magicien. Ce chant vint évoquer & me fit apparaître Bien des êtres aimés, & dont je n'ai plus rien.

Ce chant me rappelait une époque finie. Je suspendais mon âme aux ailes de ce chant ; Ses notes lentement vibraient... & l'harmonie , M'emportait dans l'espace, au beau soleil couchant.

Comme tout bonheur fuit, toute note s'achève. J'étais par ce chant d'orgue encor tout en émoi... L'instrument s'arrêta; fit envoler mon rêve... Et l'actualité se dressa devant moi !

Ainsi, l'art est la chose immortelle, sonore; L'art est la seule voix, mon cher musicien,

Qui partout retentisse, & qui console encore... Chante, chante toujours, toi qui chantes si bien.

Compose, avec ton cœur, bien des mélancohes... Compose tes doux airs, suis aussi ton destin. Au temps où j'entendais tes fraîches mélodies, Nous étions quatre amis qui nous tenions la main

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