‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 116 sur 133 · MERE · texte numérisé non relu

MERE

Mon cher enfant désolé D'écre un instanc isolé

(On pleure à tout âge...), Il naît quelque part, pour toi, Un petit ange; crois-moi.

Il faut être sage!

Cet ange est blond , aux yeux bleus :

Ou brun, aux soyeux cheveux

Noirs comme l'ébène.

Peut-être qu'il pleure aussi , Dans son berceau, prés d'ici.

Seul avec sa peine.

Porte à ses petits genoux.

Mon fils, tes plus beaux joujoux;

Car c'est une femme !

Petite elle est; mais, un jour, Aux reflets de son amour ,

Grandira ton âme.

Si le sort vient t'accabler, Elle peut te consoler

De toute misère.

Et chaque jour de bonheur, Resplendissant pour ton cœur,

Luira pour ta mère.

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