‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 119 sur 133 · A L'OPERA · texte numérisé non relu

A L'OPERA

On jouait la Lucie. &. la salle encombrée

De femmes & de 'fleurs était toute parée :

Cercle resplendissant, où plus d'un cœur battait

En entendant chanter l'amour qu'il ressentait.

Et pendant ces accents d'exil & de souffrance,

Pendant ces chants d'adieux & ces chants d'espérance,

Pendant que tout ce drame aimé se déroulait.

Et que sous les bravos la salle s'ébranlait;

Un homme se plaça dans le silence & l'ombre.

Il avait été vu de la foule sans nombre;

Mais lui ne voyait rien. Son regard triste & doux

Semblait vaguer au fond de l'orchestre en courroux ;

Car cet homme, ô malheur! 6 misère! ô folie!

L'un de ces créateurs qu'enfante l'Italie,

C'était Donizetti, le grand compositeur.

Ecoutant en pleurant, & demandant l'auteur!

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