‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 124 sur 133 · LA TRISTESSE ME SUIT · texte numérisé non relu

LA TRISTESSE ME SUIT

La tristesse me suit,

Ma belle; Mon cœur loge à la nuit...

Nul feu, nulle étincelle

Ne luit

Pour lui.

Mes châteaux en Espagne Se sont tous écroulés.

Mes pays de Cocagne Ont tous été brûlés.

J'ai perdu ma compagne!

Mon cœur loge à la nuit,

Ma belle ; La tristesse le suit.

Nul feu, nulle étincelle

Ne luit

Pour lui.

Je reste solitaire.

Ceux qui m'aimaient sont morts.

Et ma pensée austère

Lutte parmi les forts.

Mais je ne puis le taire :

La tristesse me suit,

Ma belle ; Mon cœur loge à la nuit..

Nul feu, nulle étincelle

Ne luit

Pour lui.

Quand, dans ma rêverie, Ange blond sans pareil, En mon âme ravie Vous passez , doux soleil , Je renais à la vie ;

Mon cœur a moins de nuit,

Ma belle !

La tristesse s'enfuit.

Hors vous, nulle étincelle

Ne luit

Pour lui.

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