‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 14 sur 133 · LA SIESTE · texte numérisé non relu

LA SIESTE

N'ouvrez pas encor les yeux,

Ma belle dormeuse; Le soleil est radieux ,

Et vous radieuse.

Ecoutez, tout en dormant,

Ce que je vous chante :

Je chanterai doucement,

Dormez , ma charmante !

Dormez dans votre beauté ,

Bercez-vous d'un songe.

Mieux que la réalité

Vaut un beau mensonge. Quand vous vous réveillerez ,

Ma petite reine.

Nous irons où vous voudrez

Que l'amour nous mène.

Nous prendrons, si vous voulez,

Auprès de l'église La route à travers les blés.

Quand viendra la brise.

Ou bien les petits sentiers

Autour du village,

Où saules ec peupliers Bordent le rivage.

Si nous trouvons en chemin

Une batelière, Nous irons jusqu'au moulin

Qui bat la rivière; Nous nous arrêterons là.

Plus tard, quand on passe, On se souvient... Tout cela

Dans le cœur se place.

Il est mille endroits fleuris.

Ou gais, ou pleins .d'ombre; Il est toujours, prés Paris,

Des jardins sans nombre.

Nous irons dîner, joyeux.

Sous quelque tonnelle... N'ouvrez pas encor les yeux,

Dormez , 6 ma belle !

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