‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 43 sur 133 · IMPATIENCE · texte numérisé non relu

IMPATIENCE

Eh! qui donc n'est pas un rêveur r Quelle prétention extrême De toujours répéter au même :

Vous rêvez ^ pour votre malheur!

Et vous donc^ avec votre air triste; A-t-on baissé^ monté d'un franc r Chacun rêve selon son rang :

L'un en marchand^ l'autre en artiste.

Et vous venez chaque matin, Sous prétexte de voisinage, Me tenir le même langage!

Allez donc! rêveur incertain.

Parbleu, vous me la baillez belle!

A qui persuaderez-vous Que vous ne rêvez pas aux sous Entassés dans votre escarcelle.^

Pour les augmenter, nuit & jour Vous repassez toutes les ruses ; Et moi j'ai pour vous des excuses!

Trouvez-m'en donc à vocre tour.

Comme moi vous rêvez sans cesse, Et les autres rêvent aussi.

Un amant rêve à sa maîtresse.

Tout est rêve en ce monde-ci.

Si chaque rêve vous rapporte, C'est un bonheur que je n'ai pas ; Mais je vous dis dans tous Jes cas :

"N'ous n'en rêvez pas moins, qu'importe.-

Vous supposez ne pas rêver Quand un projet se réalise...

Que voulez-vous que je vous. dise.^ Le mien , vous pouvez l'achever !

Voisin, pour votre récompense.

Ecoutez bien ceci , tout bas :

Tant pis si vous ne rêvez pas :

Rêver veut dire que l'on pense.

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