‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 46 sur 133 · RIQUET · texte numérisé non relu

RIQUET

Riquet le gai , Riquec le bon , Riquet le joyeux compagnon, A la joyeuse trogne, Il vendange en Bourgogne!

Riquet, debout sur un coteau.

Comme un drapeau sur un château, De loin se faisait reconnaître A son gilet rouge, à sa guêtre Montant au-dessus des genoux ; Grand chapeau, nez rubis dessous.

C'étiit le dieu du vin, peut-être , Riquet le gai, Riquet le bon, Riquet le joyeux compagnon,

AussitJt que passait Riquet, Les vignes prenaient l'air coque:...

Ce que je dis est à la lettre ; Les vignes semblaient le connaître.

Et montraient du raisin bien noir Pour que Riquec vint les revoir.

C'était le dieu du vin, peut-être, Riquet le gai, Riquec le "bon, Riquec le joyeux compagnon.

Riquet n'aime que la saison Du rouge automne. Il a raison.

Mais, quand il voit l'aucomne naître, Cela ne l'empêche pas d'être Ami du chaume & du salon, Et de s'appeler tout du long :

Riquet!... Le dieu du vin, peut-être...

Riquet le gai, Riquet le bon, Riquet le joyeux compagnon.

Il avait sept cents vendangeurs Cueillant, taillant, chantant des chœurs. Aucun n'eût osé se permettre D'aller s'endormir sous un hêtre, Sous les vignes, un peu partout.

Tant que Riquet était debout.

C'était le dieu du vin, peut-être, Riqi;et le gai, Riquet le bon, Riquet le joyeux compagnon.

Et du matin jusques au soir, La vendange allait au pressoir.

Chacun courait à la fenêtre Pour voir au lointain apparaître Sep't cents hommes longeant les murs, Chantant, chargés de raisins mûrs.

C'était le dieu du vin, peut-être, Riquet le gai, Riquet le bon, Riquet le joyeux compagnon.

Oh! tout le monde aimait Riquet, Et ce grand amour s'expliquait; En tout il était passé maître.

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