A M™'" M. S. ROMIEU
Coup d'œil à travers une grille.
Voici la maison , le j ardin , Où les sentiers bordés de thym Embaumaient jusqu'à ma pensée, Alors que j'allais, le matin, Suivant & perdant en chemin Ma chansonnette commencée.
Et novembre a tout éclairci , Les buissons & les gens d'ici ; Plus de feuilles, plus de famille.
Je vois les murs de ce jardin, Que les noisetiers , en gradin , Masquaient d'une épaisse charmille.
Il me semble que la maison Me reproche son abandon; Surtout l'humble perron de pierre.
Ses portes, ses volets fermés.
Naguère aux chants accoutumés.
Sont mornes comme un cimetière.
Voici le gazon, vert encor,
OÙ mes amis sonnaient du cor
En chœur pendant les soirs d'automne.
La bise bruit à présent,
Se plaint comme un agonisant,
Et la feuille au loin tourbillonne. •
On est parti, l'hiver venant; Et seul, je reviens maintenant Voir d'où la gaîté s'est enfuie.
J'aime à contempler tout cela...
L'escarpolette est encor là, ,
Sa corde noircie à la pluie.
A terre est resté le pompon Dont j'ornementais un ânon, Les jours de grande cavalcade!
Pauvre oripeau fané, roussi.
Dans les bois de Montmorency, Tu brillais comme une grenade.
Allons! passons notre chemin...
Adieu maison, adieu jardin.
Un bon souvenir est encore Ainsi qu'un ami sans pareil, Ou comme un rayon de soleil Où l'amertume s'évapore.
Asile, où je fus abrité . Par la grâce et par la bonté ; Murs & maison couverts de lierre.
Endroit de joie & de bonheur.
Je vous ai gravés dans mon cœur, Avec l'hôtesse hospitalière.