‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 92 sur 133 · LE NID · texte numérisé non relu

LE NID

Sous le vent & la pluie inondant son feuillage, Un arbre se tordait sur le bord d'un étang ; Au faîte de cet arbre, & par ce temps d'orage Un nid tourbillonnait, &, d'instant en instant, Les nouveau-nés criaient. Cependant, sous son aile, Leur mère avec amour les pressait autour d'elle. Ils étaient blottis là, chaudement, sous son cœur.

Xûïci ce qu'elle dit pour calmer leur trayeur.

Pendant que l'ouragan sur l'arbre faisait rage :

(( Votre père m'aidant, nous avons avec soin

Construit ce nid ; l'espoir lui dtmnait du courage.

Maintenant prisonnier il gémit dans un coin.

Un homme sans pitié le tient en une cage.

Il est désespéré!... Je lui porte du grain,

Des mouches, du millet, des vermisseaux, du pain:

Tout ce qui peut, hélas! adoucir sa misère. »

Pendant qu'elle parlait, un grand coup de tonnerre

Roula dans l'étendue, & fit croire au lointain

Que c'était la dernière heure du genre humain.

Elle continua : « Hier même, ce bon père

Me redisait encore (il ne pense qu'à vous!) :

Ce n'est pas le tonnerre ou les vents en courroux

Qu'il faut craindre y>o\xr eux : c'est l'homme sur la terre,

Et ses nombreux engins, sa glu, couc ! jusqu'aux sons

Qu'il écudie afin d'imiter nos chansons

Et nous prendre ! Ainsi donc , le vautour dans la nue ,

Le ténébreux hibou qui sur les nids se rue,

Pour nos pauvres petits sont moins à redouter

Que l'homme. Puissent-ils toujours s'en écarter !

Le sort le plus affreux c'est d'être en esclavage! »

Un rayon de soleil vint dissiper l'orage. Bousculés, culbutés, tout oreilles pourtant : '( Alors, quand pourrons-nous aller voir dans la cage Notre père enfermé.- » demandait chaque enfant. Tous avaient oublié pluie & vent & tonnerre.

Quel appui, quel secours, quel abri qu'une mère!

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