‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 93 sur 133 · UNE FEE · texte numérisé non relu

UNE FEE

J'ai vu sur une hirondelle, Messagère du beau temps, Une fée , en sentinelle , Guetter l'heure du printemps.

Plus petite que l'étoile Qui scintille au ciel le soir , Et qui par moment se voile Pour être plus belle à voir, Elle attendait, lumineuse.

L'instant propice au départ.

Ma pensée était rêveuse...

Je l'aperçus par hasard.

Sur l'hirondelle, perchée,

Dans le trou noir d'un vieux mur,

La fée, à moitié cachée.

Brillait sur le fond obscur.

Elle avait une couronne

De brins d'azur mêlés d'or!...

Et sa gentille personne

Resplendissait plus encor.

'( Belle comme l'Espérance , Légère comme elle aussi ,

Fée , allez-vous vers la France , Tandis que je resce ici^ »

Elle, presque sans bruire, .

Comme au lointain un doux air.

Me dit, avec un sourire :

(( Oui! je vais traverser l'air.

— De cette ville étoufFée Oh! si je pouvais sortir.

Avec vous, petite fée, Comme je voudrais partir!

J'irais revoir les rivages Et les bois de mon pays... Fée, hirondelle, nuages!

Quand reverrai-je Paris .^

— Que de regrets je devine...

Mais, je te soutiendrai, moi!

L'Espérance est ma cousine ; Je lui parlerai pour toi :

Je suis la fée insensée

Qui préside aux mille riens !

Aussi, je suis très-pressée...

Je pars. Adieu! Je reviens!... »

J'ai vu sur une hirondelle.

Messagère du beau temps.

Une fée, en sentinelle, Guetter l'heure du printemps.

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