‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 95 sur 133 · NOUVELLE-ORLEANS · texte numérisé non relu

NOUVELLE-ORLEANS

Vous qui peut-ê:re, hélas! ne pensez plus à moi, Amis, je pense à vous, je vais dans vos demeures; Que me font les saisons, les ans, les mois, les heures Et votre éloignementr' Je vous aime & vous voi...

Les senteurs que la brise enlève à la prairie. Les plaintes du grand vent le soir dans les maisons, La chanson de la bûche au milieu des tisons. Transportent mes esprits dans ma chère patrie.

Il me semble parfois que vous n'êtes pas loin! Avec un peu de vous je puis constamment vivre : Ou j'entends votre chant, ou je lis votre livre, Ou je vois vos tableaux gravés, dans chaque coin.

Le cheval au galop, qui s'allonge & qui passe. Dit à mon cœur : u Je vais où tu voudrais aller. » L'oiseau lui dit : « Je vole où tu voudrais voler. » Le grand trois-mâts lui dit : « Je traverse l'espace. »

Moi je reste... Adieu donc! Mais du sol étranger Vers vous je tends les bras, car je me désespère. Pourtant heureux encor, dans ma douleur amére, A vous , mes bons amis , de penser & songer.

UiN CHANT DARTISTE.

Le nez au vent, l'espoir aussi,

J'allais ainsi

Cherchant fortune.

Hélas! pourtant, j'ai tant marché, Penché

Au clair de lune.

Comme à présent, sachez-le bien,

Je n'avais rien;

C'est peu de chose !

Mais, dans l'avenir ayant foi.

Pour moi

Tout était rose.

Aussi combien de rêves d'or

Ont pris l'essor,

Douces chimères!

Mes beaux jours se sont envolés...

Allez ,

Mes jours prospères, Allez! Vous n'êtes pas nombreux.

Mes jours heureux ! .

C'est l'espérance Qui faisait briller dans leur cours Ces jours

Sans importance.

Maintenant je n'ai plus d'espoir.

L'ouragan noir

Souffle à ma porte.

iMais je dis à ce triste accord Du nord :

Mugis! qu'importe.^ L'amour est toujours sans pareil .

Le ciel vermeil.

Mon âme pure.

Une plainte n'arrête pas Le pas

De la nature.

Tout s'épanouit iu printemps.

Comme en mon temps

Tout naît , ou pousse :

Les femmes, les fleurs, les chansons, Les sons

D'une voix douce.

Je chante & je vais en avant ;

Je suis du vent

La grande route.!.

Nous irons, chacun notre tour, Un jour,

Au ciel sans doute.

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