‹ Les poésies de l'enfanceChapitre 18 sur 78 · L9ENFANT · texte numérisé non relu

L9ENFANT

Hier, elle essayait de me tendre les ailes.

LE FANEUR

Hier n'est plus ! L'air bleu fourmille d'étincelles, Et les buissons sentent les fleurs.

l'enfant.

Le monde est tout changé !

le faneur

Le monde va de même ; Pourquoi ne prends-tu pas ce qu'il met devant toi ? Pourquoi lui demander ce qu'il n'a plus? Pourquoi Pleurer un vieil oiseau ?

l'enfant.

Je l'aime.

LE FANEUR

Viens en chercher un autre; il en pleut dans les blés. On marche sur des nids, puis on en trouve encore. Dieu le veut : des oiseaux sont toujours près d'éclore

Quand les oiseaux sont envolés.

Viens voir dans les sillons !

l'enfant,

Non, j'attends ma colombe.

Ma colombe viendra tous les soirs, tous les jours. Elle était ma colombe et je la veux toujours ! Vois-tu ce tas de fleurs ? C'est sa petite tombe ; J'y reste.

LE FANEUR

Pourquoi faire ?

l'enfant.

Oh ! pour la voir venir!

Faneur, ne sais- tu pas que rien ne doit mourir ?

LE FANEUR

Ce serait beau, mais quoi!...

Sois-en sûr! c'est mon père Qui me dit de le croire et qui veut que j'espère.

LE FANEUR

J'en vois voler vers nous...

l'enfant.

Adieu, faneur, adieu.

le faneur Tu ne veux pas les prendre?

l'enfant {qui s'en va).

0 ma colombe! ô Dieu !

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