‹ Les poésies de l'enfanceChapitre 19 sur 78 · LE CHIEN ET L'ENFANT · texte numérisé non relu

LE CHIEN ET L'ENFANT

Enfant, d'une pierre lancée Ne blesse pas le chien courant!

Que savons- nous si la pensée N'anime pas ce corps errant?

Peut-être un grand instinct ie presse Vers la prison qu'il sent là-bas...

Enfant, n'ayons qu'une caresse Pour le chien qui ne nous mord pas!

Gardien de nos maisons ouvertes, Sentinelle de vos berceaux, C'est l'ami qui, des tombes vertes, Visite les froids arbrisseaux.

Là, de son passé qui l'oppresse, A qui donc se plaint-il tout bas?

et LES POÉSIES

Enfant, n'ayons qu'une caresse Pour le chien qui ne nous mord pas*

Hôte de la pauvre chaumière, Où s'éteignent d'humbles vieillards, De l'aveugle il est la lumière, Éclairant ses mornes hasards.

Par sa vigilante tendresse, Vois, comme il avertit ses pas !

Enfant, n'ayons qu'une caresse Pour le chien qui ne nous mord pas.

Si le glaive ardent de la guerre Frappe son maître tout armé, Si la sentence militaire Brise un front qu'il a la ut aimé, Perçant la foule qui s'empresse, Il fait pleurer les vieux soldats...

Enfant, n'ayons qu'une caresse Pour le chien qui ne nous mord pas.

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