POUR ENDORMIR L'ENFANT
Ah I si j'étais le cher petit enfant
Qu'on aime bien, mais qui pleure souvent,
Gai comme un charme,
Sans une larme, J'écouterais chanter l'heure et le vent... (Je dis cela pour le petit enfant.)
Si je logeais dans ce mouvant berceau, Pour mériter qu'on m'apporte un cerceau,
Je serais sage
Gomme une image, Et je ferais moins de bruit qu'un oiseau... (Je dis cela pour l'enfant du berceau.)
Ah ! si j'étais notre blanc nourrisson, Pour qui je fais cette belle chanson.
Tranquille à l'ombre,
Gomme au bois sombre, Je rêverais que j'entends le pinson.. • (Je dis cela pour le blanc nourrisson.)
Ah ! si j'étais l'ami des blancs poussins Dormant entre eux, doux et vivants coussins,
Sans que je pleure,
J'irais sur l'heure Faire chorus avec ces petits saints...
(Je dis cela pour l'ami des poussins.)
Si le cheval demandait à me voir, Riant d'aller nager à l'abreuvoir,
Fermant le gîle,
Je crîrais vite :
c Demain l'enfant pourra vous recevoir... » (Je dis cela pour l'enfant qu'il vient voir.)
Si j'entendais les loups hurler dehors, Bien défendu par les grands et les forls,
Fier comme un homme
Qui fait un somme,
Je répondrais : « Passez, messieurs, je dors!.:. » (Je dis cela pour les loups du dehors.)
On n'entendit plus rien dans la maison, Ni le rouet, ni l'égale chanson ;
La mère ardente,
Fine et prudente, Fit Tendormie auprès de la cloison, Et suspendit tout bruit dans la maison.
(Sur une mélodie allemande: Eiapopeia, Schlief lieber als du...) Alte und neue Kindcrlieder; n° 34. Leipzig. (Voir à la fin pour la musique de cette pièce.)