‹ Les poésies de l'enfanceChapitre 66 sur 78 · LÉGENDE · texte numérisé non relu

LÉGENDE

Doux favori de la nature, Laissé seul au fond d'un berceau, Abrité sous le frôle arceau, Dort une jeune créature.

L'enfant n'avait auprès de lui

Qu'un chien pour garde et pour appui.

Sa pauvre mère est en allée Lui chercher du pain et des fleurs ; Mais sous la vierge aux sept douleurs Elle passe prompte et troublée,

Car son enfant n'a près de lui

Qu'un chien pour garde et pour appui.

Le serpent qui veille à toute heure S'avance vers l'ange endormi; Au souffle de son ennemi L'innocent se réveille et pleure,

Car il ne voit plus près de lui

Qu'un chien pour garde et pour appui*

Mais la vierge, à tous invisible, Le prenant pour son jeune ami, En le rendormant à demi, L'isole en un rêve paisible,

Comme ayant assez près de lui D'un chien pour garde et pour appuL

Quand l'autre mère épouvantée Releva son jeune trésor, L'enfant sauvé dormait encor Sur une crèche ensanglantée,

Dieu ! s'il n'avait eu près de lui Qu'un chien pour garde et pour appui!

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