‹ Les poésies de l'enfanceChapitre 71 sur 78 · NOËL · texte numérisé non relu

NOËL

Quel chant divin se fait entendre 9 Quel cri d'amour frappe les airs ?

Tout s'émeut... qu'allons-nous apprendre?

Quel Dieu s'annonce à l'univers ?

La lune argentée,

Semble être arrêtée :

Qui cause un tel événement ?

C'est un enfant !

Tout se tait ; le vent souffle à peine ; Le sombre hiver est enchaîné ; L'autan surpris n'a plus d'haleine, Et l'incrédule est prosterné.

Quelle est la puissance Qui par sa présence Soumet le monde et le défend l C'est un enfantl

Des rois, le front dans la poussière, Humbles pour la première fois, Suivent rétoile avant-courrière.

Pour adorer le Roi des rois.

Ge Dieu redoutable, Que craint le coupable, Que le juste implore en tremblant, C'est un enfantl

Quelle est cette vierge céleste Soumise aux terrestres douleurs?

Dans son regard pur et modeste Brillent le sourire et les pleurs.

Qui la rend si belle ?

Qui d'une mortelle Couronne le front triomphant?

C'est un enfantl

La mort jalouse est asservie; L'éternité vient de s'ouvrir.

Un Dieu, pour nous donner la vie, Daigne avec nous naître et mourir.

Amour sans seconde!

Ce Sauveur du monde, Qui nous pardonne en s'immolant, C'est un enfant!

Ce Noël se chante sur l'air final du Devin de village, de J-J. Rousseau C'est un enfant, c'e»t un enfant.

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