‹ Les poètes amoureuxChapitre 17 sur 31 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Ce doit être une singulière histoire.

LE COMMANDANT

Elle me parut telle alors ; mais, hélas! elle est un peu vieille aujourd'hui.

l'officier irlandais.

Racontez toujours.

LE COMMANDANT

M. Pope et moi nous faisions tous deux la cour à la même lady, qui le congédia en ma faveur, quoiqu'il fût le premier en date. Depuis, nous apprîmes qu'il était consolé de sa défaite par une jeune provinciale qui vivait sous le charme de ses vers. Fier de mon premier avan tage, je m'avisai, en franc étourdi, de parier que je le supplanterais là encore; mais j'eus beau me mettre en frais d'œillades et de soupirs, suivre partout la belle au spectacle et à l'église, je finis par aller m'avouer vaincu àmilady, qui, s'il faut tout dire, ayant conservé quelque rancune contre M. Pope, m'avait elle-même poussé à cette folle aventure.

l'officier irlandais.

Voilà bien les femmes ; mais elle dédommagea son champion, fidèle malgré lui.

LE commandant.

C'est ce qui vous trompe, monsieur Glamorgan. Milady, lui dis-je, miss Martha Blount, car c'était ellemême, celle qui d'après la gazette a fermé les yeux à M. Pope, miss Martha Blount est une vertu fiiroucheet ridicule ; M. Pope se vante s'il se dit aimé de ce petit dragon; j'ai perdu mon latin avec elle. — Une vertu ! me répondit inilady; croyez bien que ce n'est qu'une prude trop heureuse d'abriter sa prétendue sagesse derrière la bosse de son amant. J'en suis fâchée; mais \ous me donnez une triste idée de votre persévérance .

Hh LES POETES AMOUREUX

il faut se défier des jeunes galants aussi bien faits qur vous; ils tournent trop facilement le dosa Tennemi. Trouvez bon que je cherche un chevalier plus brave et moins fort en latin. Milady faisait allusion à une autre anecdote que je veux aussi vous conter...

LE MAJOR

Après la parade , commandant ; car j'entetifis le tambour.

On entend te roulement du tambour. Tous les officiers se lèvent et sortent.

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