‹ Les poètes de la guerreChapitre 47 sur 54 · EDMOND ROSTAND · texte numérisé non relu

EDMOND ROSTAND

Le Soldat

Ce que c'est que le cœur du peuple, je le sais, Et jusqu'où peut d'un sang atteindre rexcellence, Depuis que chaque jour je vois, à l'Ambulance, Silencieusement souffrir l'homme français.

Héros, moi qui croyais que je vous connaissais ! Mais non : tout l'héroïsme est là, dans le silence De cette inattendue et patiente France Qui s'est faite elle-même, après quelques essais !

J'ai l'honneur d'être aimé d'uu soldat simple et grave Oui dit : a II fallait bien ! » lorsqu'on dit : « Tu fus brave ! » Et je sais que j'ai vu le plus beau geste humain

Et que j'ai contracté la dette la plus sûre

Le jour qu'il a daigné, dans le creux de ma main.

Mettre un morceau de plomb extrait de sa blessure.

{Le Figaro, novembre iijié.)

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