AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS
Dans les Morceaux choisis des poètes de îa Pléiade: Pontus de Thyard, Joachim du Bellay, Rémy Bellean, Jodelle et Baïf, nous n'avons pas fait à chacun d'entre eux une place égale. Nous espérons que le lecteur nous saura gré d'avoir sacrifié quelques pièces vraiment sans valeur pour lui donner en entier, sans coupure aucune, les Regrets de du Bellay. Joachim du Bellay n'est sans doute pas vm assez grand poète pour que dans la Collection des Cent Chefs-d'œuvre un volmne entier lui soit réservé, mais il mérite asstu*ément la préférence que dans ce recueil nous lui avons accordée.
PONTUS DE THIARD
Pontus de Thiard est Bourguignon ; il naquit en 1521 au château de Bissy dans le Maçonnais et vint à Paris faire ses études. C'est là qu'il connut Ronsard, et il semble bien, inconsciemment peut-être, avoir été, avant Ronsard et avant du Bellay, l'instigateur principal du mouvement de rénovation des lettres. En tout cas, il exerça sur l'un et sur l'autre de ces deux poètes une influence marquée. En 1571, Pontus de Thiard fut nommé évêque de Châlons. Bon patriote et sujet fidèle comme la plupart des poètes de la Pléiade, il se fit aux Etats de Blois, en 1588, le défenseur de la royauté, puis, après avoir en 1590 résigné son évêché entre les mains d'un sien neveu, il se retira aux environs de Verdun. C'est là qu'il mourut en 1605, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans.
On peut reprocher à bon droit à Pontus de Thiard une préciosité un peu obscure où le conduisit l'imitation fréquente des pétrarquisants italiens. Mais en général, son inspiration est haute, et son style, qui n'est pas toujours très aisé, atteint parfois à la profondeur. C'est un de ces poètes sur lesquels il n'y a pas grand'chose à dire, sinon qu'ils ont frayé la route à des génies qui leur étaient supérieurs.
= PONTUS DE THIARD