‹ Les poètes de la PléiadeChapitre 18 sur 48 · DESCRIPTION DES VENDANGES · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DES VENDANGES

Filles, garçons, à paniers pleins

Portez de toute vostre force

Le raisin à la noire escorce

Sur vostre espaule et sur vos reins.

Sus versez dedans le tonneau, Et des pieds seulement y foulent Les hommes nus, et qu'ils escoulent Des grappes le germe nouveau.

Chacun honore ce bon Dieu D'une belle hymne de vandanges, Chacun chante tant de louanges Qu'on en remplisse tout le lieu.

Qu'on aille voir ce Dieu coulant, Ce Dieu qui rit dedans la tonne, Ce Dieu nouveau qu'on emprisonne, De colère encor tout bouillant.

Si tost que le gentil vieillard A pris de ce Dieu qui l'enteste.

Tremblant des pieds et de la teste Aussi tost il dance gaillard.

Et lors quelque jeune garçon Amoureux, de près eschauguette Le teton de la bergerette Qui dort à l'ombre d'un buisson.

Puis Amour voyant le dessein, D'une alléchante mignardise, Donne faveur à l'entreprise, Et luy met le feu dans le sein.

Le mignon vient, ell' se défend, EU' se courrouce, il n'en fait conte ; Mais en fin tellement la donte Que douce entre ses bras la rend.

Ainsi Bacchus qui fait le jeu, Ose quelquefois entreprendre De suborner et de surprendre La jeunesse, quand il a beu.

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