‹ Les poètes de la PléiadeChapitre 36 sur 48 · A M. LE COMTE DE FAUQUEMBERGE · texte numérisé non relu

A M. LE COMTE DE FAUQUEMBERGE

Comme un docte artisan, s'il n'entremet l'ouvrage, Sent éblouir ses yeux, sent étourdir ses sens, Nostre ame au long travail se deplaist, si le temps De cent varietez ses esprits ne soulage.

Tu sçais, quand tu partis, de quel heur et courage Je suivois l'œuvre sainct que de moy tu attens : Mais par trop longue haleine élourdir je me sens, Si par le changement je ne me rencourage.

Donques tant en la chasse et au vol des perdreaux, Qu'au pourmenoy des bois, des jardins et des eaux, Je repren les plaisirs, les Muses et l'haleine ;

Là où pour ne laisser rouiller l'œuvre des vers, Je resve ces sonnets dessus ce temps divers, Sonnets faits de grand chose et toutesfois sans peine.

JODELLE

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