ACTXU& DES POÉSIES CATHOLIQUES
Poète, sois béni! quand ton pieux délire, Elevant vers Jésus et ton cœur et ta lyre , S'éveille ou se rendort au souffle du Seigneur, En chantant de la foi les hautes espérances, Tu m'apprends à jouir même de mes souffrances Que l'amour divinise au sang du Rédempteur.
Sous tes doigts frémissants quand ta harpe respire , Qu'ils sont doux avec toi les pleurs ou le sourire! Je goûte tour à tour ton absinthe ou ton miel. En montant par la croix pour atteindre la gloire , Tu sèmes, en jalons d'un chemin de victoire. Les larmes et les fleurs sur le sentier du ciel !
D'un suave transport, oui, mon âme est saisie Devant tes chants sacrés, parfums de poésie. Echos purs et vivants du luth d'un séraphin ; Mélodieux soupir, extatiques louanges, Que tu continueras aux oreilles des anges Dans les flots de Tamour sans mesure et sans fin.
• Cet impromptu, inspiré par une lecture des Poésies catholiques, n'a pjLS déplu à l'illuslre prisonnier du Spielbcrg. Par une lettre touchante à l'auteur, Silvio Pollic(» a permis l'inipression de es vers dans l'Allobroge, revue de Grenoble.
194 BENOIT TRUFFET.
Anathème au talent qu'offusque la lumière, Et dont la muse impie éteint dans la poussière Son diadème d'or et ses ailes de feu ! Mais toi qui vois la vie au delà de la tombe, Aigle majestueux ou plaintive colombe, Tu diriges ton vol vers le trône de Dieu.
Que de fois quand tu peins de douloureuses scènes , Mes pleurs ont arrosé tes pages — et les chaînes Que ton pied résigné traînait dans ta prison ! Mais tes fers brilleront en fleurons de couronne. Quand le Dieu, dont l'éclat dans tes écrits rayonne. Ouvrira devant toi l'éternel horizon.
Le ciel réclamera ta belle âme exilée.
Oh! puisse -t- elle alors, paisible et consolée, Sur le sein de Jésus tendrement s'assoupir ! Puissent ton ange saint et la foi que tu chantes Embaumer, enivrer de délices touchantes Ta dernière parole et ton dernier soupir!