‹ Les poètes de la SavoieChapitre 60 sur 89 · ALFRED PUGET · texte numérisé non relu

ALFRED PUGET

Et qui laissa son fils sur le bord du chemin ; Honte à la femme riche et dont Tàme cruelle. Pour sauver un vain nom , arrache à sa mamelle L'enfant qu'elle fait orphelin!...

Elles ne savent pas, femmes au cœur de pierre. Que plus tard, se voyant outragé sur la terre. L'homme qu'on fuit partout comme un pestiféré , A chaque nouveau cri d'insulte qui l'accable, Peut maudire le sein d'une mère coupable Et blasphémer ce nom sacré!...

Mieux eût valu peut-être, au jour de sa naissance, Que la mort en ses mains étreignît son enfance , Et, changeant en linceul les langes du berceau. Le sauvât d'épouser le mal avec le crime, Et d'hé.siter, tremblant sur le bord de l'abîme, Entre la vie et le tombeau!...

Car, fruit du désespoir, le hideux suicide. Aux longs doigts décharnés, dans un rêve homicide. De son anl cave et creux fascine son regard , Et, l'attirant à lui dans ses bras de squelette, L'étreint contre des os et lui presse la tête Contre la pointe d'un poignard!...

Malheur à lui! malheur! en cette affreuse crise. Pour vaincre de la mort l'ardente convoitise, Il ne lui reste rien dans son cœur énervé; Mais qu'il regarde au ciel , et que dans sa prière A la religion il demande une mère, Et l'Antony sera sauvé!...

Car la religion a de ces femmes saintes.

Cherchant les enfants nus quand ils n'ont que des plaintes,

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VA changeant en souris leurs longs vagissements. Vierges pures on croit qu'elles furent leurs mères, Quand on les voit ainsi soulageant leurs misères, Leur donner des embrassements.

Si la religion fut toujours grande et belle , C'est que la Charité, sa compagne immortelle. Marque d'un sceau puissant ses actes tout divins. Et rhomme, quel qu'il soit, croyant ou non, n'importe. Doit fléchir et prier, quand il franchit la porte De l'asile des orphelins.

Alfred Puget.

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