LES ANTONY VERS ÉCRITS DANS UNE MAISON D'ORPHELINS
Heureux l'hoiniDe à qui Dieu donne une sainte mère. (Lam*»ti>b, Ilarmon. Ret.)
Malheur! malheur à l'homme auquel dans sa colère Dieu refusa l'espoir de connaître une mère, Qui, sans nom, orphelin, isolé parmi tous, Lorsqu'il jette un regard sur le nu de son âme, Est tenté d'embrasser les pieds de chaque femme En lui criant : Mère, est-ce vous?...
C'est qu'à l'homme -Antony le préjugé s'attache. Et macule son front d'une livide tache. Et comme si du sol il n'avait pas sa part, D'un geste de mépris, tout homme le rejette, Et s'il veut avancer, chacun lui crie : « Arrête... Loin de nous!... n'es -tu pas bâtard?... •
Infamie et forfait! le frère dit au frère ; « Lépreux et paria, la faute de ta mère. T'enveloppe vivant de l'oubli du linceul... N'approche parmi nous d'aucune jeune fille. N'y cherche pas d'amis!... Quand on est sans famille. On doit soufiFrir et vivre seul!... »
Ah ! si l'on a pitié de l'indigente mère Dont le crime ne fut qu'un excès de misère,