‹ Les poètes de la SavoieChapitre 80 sur 89 · OCTAVE DUCROS · texte numérisé non relu

OCTAVE DUCROS

J'ai vu, le soir, après la pénible journée, La nombreuse faïuille ensemble prosternée, Par la voix des vieillards implorer le Seigneur, Et les airs réjouis du bruit des saints cantiques Qui s'élèvent du sein de tes hameaux rustiques Ainsi qu'un hymne de bonheur!

J'ai vu le peuple entier sous les saintes bannières, La Vierge, à chaque seuil, protégeant les chaumières, Par d'indigentes mains le malheur adouci, La foi dans tous les chœurs, Dieu dans chaque pensée, Enfin tout ce qui dit : « La sagesse insensée Jamais n'a passé par ici! »

Elève, élève donc vers la voûte azurée Ton front dont la blancheur ne s'est point altérée ; Qu'il est noble et brillant dans l'éclat d'un beau jour! L'aurore à sa beauté ne voit point de rivales, Et le soleil rougit de teintes virginales Ce front qu'il baise avec amour !

Sa couronne a pour fleurs de chastes violettes, Mais larges, mais levant leurs ravissantes têtes. Osant livrer enfin leurs parfums au zéphyr ; Courage ! humble vertu de la pauvre vallée ; Tu restes ici -bas inconnue, isolée.

Mais Dieu sait où tu dois fleurir !

Octave Ducros {de Sist).

J.-L. GRIVAZ. 509

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