‹ Les poètes du clocherChapitre 1 sur 56 · LE CLOCHER · texte numérisé non relu

LE CLOCHER

Quand le marin s'en va vers des mers inconnues, Parmi les iles d'or chantant leurs bienvenues, Et, d'escale en escale, à ses yeux se dressant,

Qu'éveille-t-iL la nuit, dans sa pensée obscure ? Paysage confus ou brumeuse figure,

— Non pas ! mais le clocher qu'il ouït en naissant.

Quand l'exilé se tourne, en tendant ses mains vides, Vers les couchants houleux et les aubes limpides, Que voit-il se dresser par delà l'horizon? Un clocher de village aux claires sonneries...

— Et quand le prisonnier se donne aux rêveries. N'est-ce pas un clocher qui vient dans sa prison?

Voilà pourquoi j'ai fait cette œuvre. Des poètes. Évoquant, quelque jour, ces fines silhouettes Et ces KAngeJiis morts de clochers désertés. Des rêveurs avaient dit leur tendresse et leur peine. C'était un des cris vrais de la douleur humaine. Et je vous offre ici ces vers qu'ils ont chantés.

LES POÈTES DU CLOCHtR.

Peut-être qu'à mon tour, artisan cphcmcre Mais qui chérit son art et croit à sa chimère, Je dirai mon clocher, du mieux que je pourrai. Ployant les deux genoux, j'attendrai les cantiques De souvenirs portant des carillons rustiques, — Et vous écouterez ce cri, qui sera vrai.

Et j'aurai fait ma tâche, — et tu feras la tienne, Ami, si, revenant à la fraîcheur ancienne, Arrêtant, sur un jour, le temps qui va marcher. Réchauffant tous ces morts que ton amour embrasse, Tu fais chanter en toi ta patrie et ta race Et tressaillir en nous l'âme de ton clocher !

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