‹ Les poètes du terroir du 15e siècle au 20e siècle; textes choisis accompagnés de notices biographiques, d'une bibliographie et de cartes des anciens pays de FranceChapitre 104 sur 284 · L.UlJLUUJLi(It^ \ r · texte numérisé non relu

L.UlJLUUJLi(It^ \ r

s'étendait, bons piétons, comme on sait, allant à pied par goût tant qu'ils ne trouvaient pas un cheval, riches d'une épée de famille, d'un nom sonore et d'une cape percée ; du reste, nobles comme le roi, c'est-à-dire sans fief... » Les siècles ont changé leur costume et leur destinée, mais n'ont point modiQé leur goût. Ce n'est pas que tous les Gascons du Midi ressemblent à ce portrait déjà ancien. Il en est d'autres non moins caractéristiques. Aussi bien la terre qui les abrite est-elle presque un royaume pour l'étendue.

« Tout près d'Auch, ancienne capitale de la Gascogne, vous trouverez des Gascons d'une autre race. Si vous descendez du

Nord, vous rencontrerez, par delà Bordeaux et Toulouse, au coin de l'Aquitaine, en face du Rouergue, un petit pays dont le nom a résumé toutes les haines du Midi et du Nord. Ce nom tragique est celui d'Armagnac. Rude pays, vineux il est vrai, mais, sous les grêles de la montagne, souvent fertile, souvent frappé. Ces gens d'Armagnac, de Fézeusac, pourtant moins pauvres que ceux des Landes, furent pourtant plus inquiets. Persécuteurs assidus des églises surtout pour les piller, excommuniés de génération en génération, ce qui ne les troublait guère, ils vécurent la plupart en vrais fils du diable. Saint Louis leur donna plus d'une leçon sévère; ils finiront par comprendre qu'ils gagneraient plus à servir les rois de France, et devinrent les capitaines du Midi au service de la royauté. »

Battant, battus, toujours en armes, poussant la guerre avec une violence inconnue jusque-là, ils furent comblés. Nos rois les firent généraux, connétables et presque rois. Ils connurent, sous les premières dynasties, gloire et honneurs, mais leur triomphe ne dura quautant que leur région ne fut pas réunie à la couronne. Leur histoire se confondit ensuite avec celle delà nation. Alors tous ces Gascons de la plaine et de la montagne, de môme que ceux du nord au midi, depuis les limites de la Saintonge, de l'Angoumois et du Limousin jusqu'aux confins dos Pyrénées, formèrent un peuple presque homogène, respectueux des traditions et des coutumes locales, mais plus attaché à son accent qu'à ses dialectes. Lorsqu'on étudie les principaux monuments littéraires de la Gascogne et do la Guyenne» on demeure surpris de constater combien s'exerça, dans les trois siècles qui nous précédèrent, riuflucnco des races du Nord. Le « gentil parler français » fit phis peut-être pour l'unification du Midi que nos succès politiques. Cela s'explique aisément. Les langues ont i)ri3 sans cesse la route des armées. Or, tandis que le Limousin, éloigné dos grandes voies de communication, a gardé sa langue d'oc à peine entamée au nord vers les Marciies, la langue d'oïl s'est avancée jusqu'à la Dordogne, à Coutras, et jusqu'à la Gironde, à Blayc, traçant une limite linguiste parallèle à la frontière historiijue. Ello a pris simplement la route que suivirent longtemps les pèlerins se rendant à Saiut-Jacques-do-Compostelle : la grande voie où planent encore jusqu'aux Pyrénées, selon l'expression de M. Vidal de la Blachu', les souvenirs do Cliarlomagne et do Roland.

« Une chaiuo do populations et de dialectes s'étend par lu Herry, le Poitou et la Saintonge. Los « Gavacljcs », ainsi que les appellent les Gascons, pénétrèrent commo un coin on plein Sud- Ouest. » C'est la destinée dos peuples soumis d'accepter la loi du nouveau maître. Le Gascon, bien que dans unu situation

i. Tableau géojraphique de la France, Paris, llacliclle, iOOS.

particiiliùrement favorable, n'échappa pas à la règle commune. La poésie dite « occitane », celle des langues romanes (jiii continua le latin après la conquête romaine, possède encore aujourd'hui, dit-on, les mêmes limites qu'au moyen Age', mais pendant longtemps elle a cessé d'apporter son tribut de beauté. Elle a cédé la place aux témoignages de la langue officielle. Ses meilleurs représentants ne furent trop souvent que des patoisants ; les vrais lyriques s'exprimèrent en français. Nous savons ce qu'on nous objectera. La langue d'oc connut en Gascogne l'instant d'une renaissance. Elle eut même l'honneur de prêter le jour au premier poète qui, dans le Midi, longtemps avant Bellaiid de la Bellaudière, « envisagea la nécessité d'élever à la dignité littéraire son idiome envahi par les gallicismes ». En 1565, elle donna, par la voix éloquente de Pey de Garros, les Psaumes de David virés en langage gascon-. La tentative

1. Cf. Paul Mariélon, Les P7'('curseiirs du Félibrige, Revue Félibréenne, lltOO. « L'ancienne province de Gascogne, — écrit encore cet auteur, dans son remarquable essai de Géographie littéraire de la Gascogne (Revue Félibréeune, juill.-sept., 1893), — formée d'un grand nombre de petits pays ou Etals admeltait, à côté de son idiome propre, quelques variétés du languedocien et la langue basque. Nous ne parlons ici cjuc du dialecte gascon. 11 a une physionomie à part dans la langue d'oc. Les transformations d'f en h et d7 en r, sans parier du changement de u en 6 d'ailleurs commun avec les régions aquitano-languedociennes, — caractères qui frappent à première vue, lui donnent une sorte d'autonomie. Il se répartit en sis principaux sousdialectes : le bi'arnais, le landais, le bigourdan, Yarmaganais, le commingeois, et le girondin qui s'étend jusqu'à l'Agenais. Les différences de ces parlers sont légères de l'un à 1 autre. Un seul et même idiome, vraiment, règne sur l'Aquitaine de César. Ce dialecte gascon de la grande langue provençale a un ensemble de Irails phonétiques en effet si personnels, qu'à la suite de maints auteurs anciens, plusieurs romanistes modernes persistent à la considérer comme une langue proprement dite... Le gascon est parlé par plus de deux* millions d'Iiommos. Dialecte unique de trois départements : le Gers (Condomois, Astarac, Armagnac et Lomagne occidentale), dont le chef-lieu Auch fut la capitale de l'ancienne Gascogne ; les Landes (l'Albret, laChalosse, les pays de Born, de Lannes et de Marennes) et les Hautes-Pyrénées (comté de Bigorre), il règne en partie sur six autres. Sont pays de parler gascon : dans XArieqe, leCousei-ans ; dans la JJaute-Garonne, le Commlngos et le pays de Rivière (Gascogne toulousaine); Tarn-et-Garonne, le Gimoes et la Limagne orientale; dans le Lot-et-Garonne, le Condomois et l'Agenais méridional ; dans la Gironde, le Bordelais, l'Entre-deux-Mers et le Bazadals ; enfin dans les Basses-Pyrénées, le Béarn, la Navarre septentrionale et le Labourd... »

2. On sait que Pierre de Garros est encore l'auteur d'un vif éloge de la langue gasconne, que les romanlsants ont considéré jusqu'à ce jour comme le premier manifeste de la lano;ue d'oc dans les temps modernes. On trouve celte pièce dans ses Poesias (Toulouse, lo67.

était intéressante. Elle eut un grand retentissement, grAce non point à son originalité, mais à l'esprit de réforme qui l'animait. Pierre do Garros était calviniste; son œuvre venait à point pour répandre dans le peuple des idées qui étaient chères à ceux de son parti.

Son exemple fut-il suivi? C'est ce que nous ne saurions établir clairement, quoique la Gascogne et la Guyenne aient eu au XVI» et au xvii" siècle — voire môme au xix« — quelques autres poètes en langue vulgaire.

Le plus grand fut, sans nul doute, ce Cortète de Prades qui, en dialecte de l'Agenais, fît vibrer la lyre des vieux troubadours pour exprimer harmonieusement la courtoisie, la grâce aimable de ses compatriotes. Ses pastorales sont trop célèbres pour que nous nous attachions à les commenter ici. Après lui, — avant lui, devrait-on dire, — les rimeurs ne manquent pas. Chaque région tient à cœur de fournir ses disciples des Muses. Un jour Toulouse, capitale du Languedoc, connut une étoile de première grandeur, Goudoiili. On s'en souvint longtemps. Goudouli fut un admirable lyrique, auquel les imitateurs ne manquèrent point en terre gasconne.

L'Armagnac, à lui seul, eût suffi à donner des poètes à tout le Midi. Aussi bien est-ce le pays le plus caractéristique que nous ayons rencontré dans cette partie de la France. Il s'enorgueillit iustoment de Pierre de Garros, de Jean de (ïarros*,de Guillaume Ader, du joyeux Géraud d'Astros, enfîn do Salusto du Hartas. Du Hartas, no l'oublions pas, fut le jilus grand homme do son époque, dans sa petite patrie. Il employa avec une égale force les deux langues. Il eut une place digne d'envie prés des maîtres de la Pléiade; il fut inimitable dans sa langue maternelle. On ne possède que deux poèmes où s'est exercée sa verve

in-S"). Aprt'S lui, un aulre Gascon, d'Aslros, a préconisé l'emploi du dialecle local. H l'a fait en ces termes :

« Crois-moi, (jascon, ne rougis pas d'cnlcndre noire langue, ou de la parlor comme a Lecloure ou à Saint-Clar. Certes elle osl la seule correcte, la (leur, la perle du gascon pur et sans mélange, mais seulement daus un rayon de sej>t lieues. Ses voisines, en vraies sottes, se mêlent à l'aslaracais, toulousain, garounais, espagnol, landais, a toutes les confusions, d'où résulte un idiome rajtelassé, décrépit, el qui iironciie à chaque pas. ><

D'Aslros, a-l-on écrit, a singulicromonl rétréci les limites de son i<liome. C'est un poète de transition, plus altaclié, semblo-l-il, à son clocli(!r que sensible à la gloire de toute la « (iasrogno ».

1. Krt-redu précédent, il fut pourvu du sièjice de conseiller au sénéchal d'Armagnac on 1570. Il est l'auteur d'une jiastoraie sin- la niori do Henri IV, l'astonrn de Gn.scont' sur la mort den tnnf/ni/ic... Anrir fjitnrl den num, Toulouse, .1. lîoudo. 1011, in-S", réimurimé avec une traduction française, en IS'JO, par .VIcée Durrieux (Aucl>, impr. Gaston Foix, in-li).

Tasconnc; mais ces textes sont devenus presque clnssiques. Sur du Bartas nous clorons le xvi<= siècle. Le xvii<> siècle, à son our, apporta en Armagnac et en Condomois son contingent Je poètes. Citons parmi les plus notoires : Louis Baron, Géraud 3édout, Gautier, de Lombez ', Nicolas Monestior, Jean Trébos, Sébastien de Pagos, Dominique Duguay, de Lavardens-. Enfin e xix« siècle nous a donné les noms de l'abbé Jean-Bapliste jaflargue^, de Jean-IJapliste Cassaignau* et mémo de Joseph >îoulens, etc. L'effort ne devait d'ailleurs pas être propre à une seule région.

De toutes parts, à tous les siècles, des voix ont surgi pour célébrer dans la langue des aïeux l'amour du berceau, la douceur le la vie rustique. Nous avons déjà nommé l'Agenais et son •hantre le plus illustre ; nous n'avons pas dit combien ce terroir "ut favorable à l'inspiration populaire. L'.4genais ne se contenta pas des accents du passé et de ces aimables chantres, Guilaume Delprat (né en 1G55), traducteur de Virgile en langage lu cru, J. Patrice Grabi^res (1746-1817); X.-L. Champmas (1764- 1832), etc.; au xix" siècle il produisit eacore Jasmin, puis ré-

1. On sait peu de chose sur ce poète. On ignore même ses prénoms 3t la dale de sa naissance. Il vivait encore en 177U. Une partie de ses compositions ont été imprimées à la suite des poésies de Goudouli. On jislinguc parmi ces dernières des odes, des chansons, des stances, et môme un sonnet. Gautier, qui écrivait en dialecte du liaul Languedoc, fut un poète joyeux, plaisant, erotique parfois. Chez lui, a-t-on écrit, l'expression est toujours propre, mais la pensée se ressent trop du voisinage de l'Espagne et de la recherche du faux espritàlamode. Ou lui prête des strophes célébrant le vin et une pièce sur la montre de sa maîtresse qui est un modèle de grâce amoureuse.

2. Il naquit à Lavardens en 1G43 et mourut, croit-on, en 1735. II a écrit de charmants vers patois. 11 obtint aux jeux Floraux la Violette et l'Eglantine pour des compositions françaises. Ses œuvres consistent en trois recueils : Hecueil de toutes les pièces gasconnes et françaises qui ont été récitées à l'Ac. des jeux Floraux, etc., par M» Dom. Duguay; Toulouse, A. Colomicz, 1642, in-8" ; Le Triompht^ de l'Eglantine, etc.. ibid., 1043. in-S-; La Muse gasconne ou le Triomphe de la Violette, ibid., 1690, in-4».

3. Né le G septembre 17117, à Vic-Fézensac, il fut curé à Crasies, dans le diocèse d'Auch, et mourut le 13 novembre 1866. Ses poésies fort plaisantes ont été publiées récemment par M. J. Michelet dans son beau livre. Poètes gascons du (iers {Auch, impr. Bouquet, 1904^, in-8».

4. Né à Lamolhe-Cumont, canton de Bcaumoul-de-Lomagne, le 27 mai 1821, il exerça la médecine dans son pays et lit des vers gascons. Il a laissé deux recueils : Fantesios et Loisirs d'un médecin de la Lomagne, Toulouse, Gary, 1881, in-S"; Mas darrèros fantesios, Toulouse, Fournier, s. d., in-S". M. Jules Michelet a réimprimé, dans ses Poètes gascons du Gers, un grand nombre de pièces de ce recueil.

0. Né à Condom le 29 oct. 1828. Il a fait paraître La Flahuto gascoutio, Paris, Bouillon, 1897, in-8».

comment Charles Ralior', André Soiirreilh, Charles Dereanes, d'autres plus modestes.

Ea même temps, le Bordelais et le Périgord mirent en lumière Pierre liousst-t, l'abbé Girardcau-, le plaisant auteur des Macarieiiaes, Maitre Verdié'S P. Margontier *, Aug. ChastanetS

1. Né à Agcn, proclamé majorai du Félibrige, en remplacement de Tamizey de Larroque (1898). On lui doit quelques poésies : Las Dos Ensourcilliairos, Agen, Ouillot, 1883, iu-S» ; Septen par la Faidito (poésies agcnaises dédiées à Philadelplie), Agen, Lamy, 1896, in-S», et des travaux d'histoire lilléraire loc:de.

2. Girardeau naquit le l" septembre 1700, à Pian, paroisse dépendant du prieuré de Saint-Macaire; il en fut curé depuis mai I7t)9 jusqu'en mars 1771 et y mourut le iO août 1774, laissant la réputation d'un esprit généreux, indépendant et narquois. On lui allribue cotte plaisante satire contre IcsJésuiles, Les Macariennes, poème en vers gascons (A .Nankin, chez Romain Macaronv, 1763, in-l:J; et ensuite Paris, Aubry, i86i, in-i2.

3. VerJié était de Bordeaux. Il vit le jour le 11 déc. 1779, dans l'ancienne paroisse Saint-Rcmy, et mourut le 26 juillet 1820, laissant une réputation dans le peuple. Ses compositions paloises, Abanture comique île Meste Bernât ou Guillaoumet de retour déns sous fouyes, Bertoumieu à Bourdeu, Arribade de Guillaoumet déns lous enfers, etc., d'une expression triviale et médiocre, ont été maintes fois réimprimées. Voyez (Euvres complètes de Mestc Vcr<//(,', 16<> éd. corr. et augm., avec une notice sur la vie de l'auteur par Ch. Bal, Bordeaux, C. Lacoste, s. d., in-12.

4. 11 naquit à Terrasson, chef-lieu de canton de l'arrondissement deSarlat (Dordogne), le 8 janvier 1701, et mourut dans sa ville ualale, le 14 juin 187o. .\ncien chirurgien de l'armée, il exerça la médecine jusqu à sa lin. Ses poésies, parmi lesquelles on remarque plusieurs pièces céli'brant les sites du Périgord et les rives de la Vézèrc, publiées piimilivcmcnt dans des revues, ont été réunies par les soins de son compatriote M. Gabriel Lafon, avec la collaboration de M"» Marguerite Genès. Voyez l'ouvrage suivant : Pierre Marf/oJitier, /7.9/- 1875, notice biographique suide des Œuvres du poète terrasson- 7iais iBrivc, impr. Hoche, 1902, in-i6).

5. Né à Mussidan (Dordogne) le 7 septembre 1825, mort le 6 mai 1902, il fut élu majorai du l'élibrigc en 1876. Il a donné plusieurs recueils de prose et de vers : Lous Uouqueis de la Jano (iV-rigueux, Dupont, 1875, in-8") ; Counties et Vjrjr/a«(Ribérac, Delacroix, 1877, in-8»); l'er tua Ion temps (Périgueux, Dclage et Joucla, 1890, in-S"). Auguste Cliastanct a été considéré, ii juste titre, comme le meilleur l)Oète du Périgord. « Ib-ureux champion du troubar r.lar préconisé par Giraut de Borucil, a-t-on dit, il a écrit dans une langue claire et pure, mais simple. Imprégné jusqu'à la moelle de l'atmosphère du pays natal dont il ne voulut pas se déraciner, peintre habile des nnr'urs de la campagne, interprèle de l'esprit du paysan, passionné pour notre vieil idiome, dont le culte se confondait chez lui avec lo culte du terroir, il a créé un genre dans lequel il ne sera jamais surpassé. » On consultera sur ce poète A. I)ujarric-D('scr)mbcs, Auf/. CJiastanet, Lou Itournat dou l'erigord, juill. 1902; Le Fèlibrige en Lini'jusin, Gram'e Revue, !•' févr. 1907.

abert Benoît'. Les Landes ont eu : Isidore Salles et l'abbé jdegert-; le Rouergue: Peyrot de Pradinas, Dom Gucrin d^ ant-', puis l'abbé Bessou; le Comminges et la Bigorre : Berandde Larado, Philadelphe de Gerde et Camélat; le pays basle : Oihenart; le Beaumontois : Bernard de Saint-Salvy, auteur 3S Berscs beuinonteses ; le Labourd : Justin Larrébat; enfin le ucrcy : l'Anonyme de Cahors*, Valés de Montech", Daubasse,, ntoine Brugié", Jean Castélat, meunier de Loubéjac, Augus-

1. Tout à la fois mainteneur de l'école félibrécnne et coiiïeur à rrigueux, M. Uobort Benoit est né à Mussidan (Doniognc) le 7 mars Mj-. Il a publié '.es Bii/oaitis et D' Autres UigoiuUs, deux recueils ■ vers patois qui ont fait sa réputation et lui ont vaUi le surnom de isiiiiu du Périgord. Des qualités de grâce, une aimable francluse, de

i;;iieté, font pardonner a ce modeste rimeur la timidité d'une musc lus cesse troublée par l'exemple glorieux de l'auteur des Papillotes.

. Ilobert Benoît a publié, en outre, des vers de circonstance et mi

unie, Seroilhoto, pour lequel il est fier d'avoir obtenu une primevèreax jeux P'Ioraux.

-2. .Né à Pontoux, dans les Landes, en 1809, mort chanoine delà calhérale d'Aire, en 18S1), l'abbé Pédegert a laissé ce charmant recueil : oas Be)'s gascowis, Bourdéou, Féret et llill, 1892, in- 1:2.

î. Voyez de cet auteur : Le Testament de Couchart, publié et moté par MM. Mazcl et Vigoureux (Montpellier, Impr. centrale du

idi, 1882, in-S").

i. C'est ainsi que l'on désigne l'auteur d'une poésie lyrique, L'A- "lunnix ^'a/is/, qui nous a été conservée par l'érudit Pierre Horel, de

i-tics, dans son ouvrage : Trésor des recherches et antiqidtez ç/auii>;('S et françaises, imprimé en 1655. N'ous regrettons beaucoup de e pouvoir insérer ici ce petit poème, l'un des plus parfaits ([u'aient utmis produits les littératures méridionales. Borel, qui l'a fait suivre

iiue bonne traduction, aftirme que L'Ainoureux transi lui fut comuuiiqué par Paul Pellisson, l'ami de Fouquet. I. Jean Valès, « doyen des aumùniersde l'armée française », naquit

Moiilech (Tarn-et-Garonne) en 1595 et mourut dans cette ville au lilieu du xviie siècle. Il a traduit en vers burlesques ou héro'îques

s Satires de Perse, les Bucoliques, les Géorr/iques et l'Enéide, ainsii uc des textes sacrés. Voyez : Virgilio déguisât o l'Eneido burlesco f'I S. de Vnlès de Mountèch, Toulouse, impr. F. Boudes, 1G48, in-4» ; .oiis Set Salmes penitencials de Dabid, etc., Montalba, 1652, in-4''. a plupart de ses ouvrages sont rarissimes. « 11 faudrait un volume, 'Ion Mary-Lafon, pour analyser les œuvres de Vales. Bien supérieur

(iauGer et à d'Aslros, le joyeux vicaire de Saint-Clair-de-Lomagne 0 rapproche beaucoup de Goudouli par le talent et la pureté de as uiiiue... Le mérite vrai, réel et remarquable de Valès éclate, non dans •s traductions des Eglogues, des Géorgiques et des Satires de Perse, u'il fallait laisser dans leur texte, mais dans les productions qui lui ont personnelles; là il a droit à l'attention et à l'estime des lettrés. » 'n lui doit une pastorale qui à elle seule lui assure le premier rang !' s poètes de sa province. Le docteur Noulet, dans son remarquable- )uvrage. Essai sur V histoire Litti'raire des patois dumidi de la Fimnce, seizième siècle, a donné de nombreux extraits des poèmes de Valès.

6. Né à Salviac (Lot) le 27 décembre 1735. Voyez de cet auteur

tin Quercy, de Montauban, Léon Cladel, Paul Froument, Antouin Perbosc', etc.

Jusqu'ici nous n'avons pas fait la part des écrivains français- IIs furent si nombreux que nous aurions quelque peine à les signaler tous. Bien que nous leur donnions rang après les poètes de langue d'oc, ils mériteraient la première place. Leur influence a été si forte que nous ne pouvons guère leur opposer que deux ou trois clianteurs d'expression populaire. Encore ces derniers no simposent-ils que comme représentants du terroir. Qui osera jamais comparer à l'œuvre d'un Clément Marot, d'un Olivier de Magny, d'un Théophile, les pâles productions de Guillaume Ader, de Bédout et de Peyrot de Pradinas?

Répétons-le pour finir, l'infiltration de la langue d'oïl s'est faite si profondément en Gascogne et en Guyenne, que ce n'est point trop dire que l'habitant a oublié la tradition dos troubadours et que les poètes du cru ne se sont jamais si bien exprimés que lorsqu'ils ont traduit, « paraphrasé » les conceptions des Septentrionaux. La tentative récente du Félibrige n'a pas donné là ce qu'on était en droit d'attendre.

La littérature dite classique en Bordelais, en Périgord, en Rouerguo, dans le Quercy, r.\rmagnac, les Landes, l'Agenais, la Bigorre. etc., pour ne citer que ces régions, nous od're cent noms dignes d'être retenus. On ne trouvera ici que les plus notoires, sinon les plus caractéristiques. Ce sont, pour les xvi" et XVII» siècles, Saluste du Bartas, Pierre de Brach, Jean-Léon de Métivier, Jean Rus, Jean du Vignau, Pierre de Bourdeilles. seigneur de Brantôme, Etienne de la Boétie, Pierre de Laval, Clément Marot, Olivier de Magny, Jean Fornier*, Guillaume du Buys, Jean du Pré, Gérard-Marie Imbert'', le siour de Caillavet, Le Poulchre de la Molte-Messemé, Guillaume du Sable*,

Boxino Gorjo e Gulo Fresco, ou lou Gounuon motat, poonic patois, «le, Paris, Teclicner, 1841, in-S".

1. S'il nous fallait faire ici la part des pulilicalions anonymes, nous ne manriuerions pas de citer des « Fables clioisios <lc La l'onlaine • agréablement interprétées en langue gasconne [Fables causidos de La Fontaine en bcrs f/ascouns. Bayonne, inipr. P. Fauvel-Duliard, 1770, iu-8'', et Dax, Labèque. 181)1', in-8"), petits cliefs-d'a'uvrc do verve et d'observation, cl un long poème, Le Mirai Moundi{Le Miroir toulousain), Toulouse. Desclassan, I781,in-I2; ce dernier attribué à Hillet ou au I*. Napian.

2. On lui donne ce petit ouvrage rarissime, L'Affliction de Montauban, poème, latti.

3. Tamiz-cy de Larroque a donné une .savante réimpression des poésies de Gérard-Marie Indicrt. Voyez : /'remii-re partir des sonnets exotiques, etc., Bordeaux, Gounouilliou, lH7i, in-8". Imbert a célébré parfois son pavs. (Vovez : Léonce Coulure, G. -M. Imbert, Revue de Gascogne, 1870, XVll, p. 494 et 534.)

4. Ce poète véhément cl d'humeur satirique a laissé un recueil fort

La Pujade', Jean de Sponde, Hugues Salel, Jean de la Jessée*, Joseph du Cliesae, F. de Belleforest, Marc de Mailliet'^, Lalaane, H. de la Mesnardiére, Théophile de Viau, etc.; enlin. pour les xviii» et XIX» siècles et jusqu'à nos jours : Lefranc de l'ompiguaa*, La Grange-Chancel, Théophile Gautier, Mary-Lafon"*,

iiil(''rcssanl, La Muse cluissei^essp, dédié à la Jioyne mère reaente, A Paris, aux frais et despcus de l'aullicur, Ittll. in-12 (réimprimé parlicUemcnt par la Libr. des bibliophiles, avec une uolicc de l'aui Lacroix, en 1884, in-lri). Guillaume du Sable n'est pas, à proprement parler, un poêle du terroir. 11 ne s'est souvenu de son pays et de ses compatriotes que pour les railler amèrement. On lira avec intérêt ses sonnets sur les Gascons, et en particulier ceux qui débutent par ces vers :

Gascons, accordez-vous, n'enlvez plus en reproches, etc. J'ai juste occasion de quitter la Gascogne, etc.

1 . Il était d'Agen et du xvi* siècle. Dans ses poésies commentées par Tamizcy de Larroque (Voyez G. Collelet, Vies des poètes ar/enais), on trouve des stances sur « la recherche et inventaire des archives de la maison de ville d'Agen en l'année 1601, adressée à MM. les Consuls et jurais de ladite cité »,

2. Il était né à Mauvaisin vers looO. On lui doit une foule d'ouvrages eu prose et en vers, inspirés par des événements conlemporains. Ses poésies diverses, qui ont fait l'objet de nombreux commentaires, ont élé imprimées par Christophe Planliu en 1583, 4 fort vol. in-4". Jean de la Jessée est l'auteur de la jolie chanson qui commence par ces vers :

Ce temps comblé d'un verd honneur, L'artisan dedans sa cité.

Couvre la terre de son heur, Le pasteur aux champs liabité

Les boys île cheveleure : Cliaiilant. ses soings enchante;

On voit rives, plaines et prez, Mesme on oyt jaser les oiseaux

De gave couleur diaprcz : 15ruire l'air, Vt couiir les eaux :

Las ! tout rid, et je pleure. Je me plains, et tout chante.

Il s'est fait, à l'occasion, l'apologiste de sa province. Voyez, à ce propos, son poème intitulé : Temple de Xavarre, où se trouvent décrits ses souvenirs d'enfance.

3. Né à Bordeaux vers 1568, mort vers 1628. C'est le typedubohème, du poète crotlé, tourné en raillerie par Saiut-Amanl. Ses Poésies ont paru à Bordeaux, chez S. Millanges, en 1616, in-8», et à Paris en 1620. iMaillet n'a guère chanté sou pays.

4. Jean-Jacques le Franc marquis lïe Pompignan, poète lyrique et dramatique, né à Monlauban en 1701», mort en 1784. 11 a donné un texte en prose mêlé de vers intitulé Voyage de Languedoc et de Provence. Ses œuvres ont été recueillies eu 1784; elles forment 6 vol. in-S".

5. Jean-Bernard Lafon, dit Mary-Lafon, né à la Française, en Caorsin, le 26 mai 1810, mort à Aussonnes, près Montauban, le 24 juillet 1884. 11 a élé considéré, juslement, comme l'un des précurseurs du mouvement qui aboutit au Félibrige. Sa production est considérable. Il a abordé tous les genres. On lui doit un grand nombre d'ouvrages d'histoire, de critique, de liltéralure, fort inégaux, mais des romans cl quelques poésies assez faibles. Historien, critique, traducteur, phi-

Catulle Mendès, Camille Delthil, Georges Leygues, Charles de Pomairols, François Fabié, Boyer d'Agen, Laurent Tailhade, Francis Maratuech', Gaston Garrisson, Emile Goudeau, Jean Rameau, Emmanuel Auréjac, Emmanuel Delbousquet, Ilaymond de la Tailhcide, Francis Jammes, Paul Maryllis, Elie Fourùs, Arthur Poydenot, Charles Derennes (poète bilingue déjà nommé), Marc Varenne, Valmy-Baisse, Emile Despax, Roger Frêne, etc.*. A connaître par le menu la production de tant d'auteurs divers, les uns originaux, les autres médiocres, mais tous également pénétrés du sentiment de la race, on se rendra compte de ce que l'esprit gascon a réalisé de meilleur ou de pire en contribuant à révolution du génie national.

Bibliographie. — Bru/.en de la Martiuiére, Crand Dictionnaire de Géographie historique, etc., t. III, Paris. P. -G. Lo Mercier, 1728, in-fol. — Grateloup, Grammaire gasconne, etc., 173". (Voy. surtout l'éd. donnée récemment.) — Expilly, Dictionnaire géographique, histor, et politique de la France, Amsterdam et Paris, Desaiut et Saillant, III, 1762, etc. — Vidaillet, Biographie des hommes célèbres du départem. du Lot, etc., Gourdon, iiiipr. de Lescure, 1826, in-8". — A. Maziire, Histoire du Béarn et du pays basque, Pau, Yignancour, 1839, in-S». — P.-G. Brunet, Notices et extr. de quelques ouvrages écrits en patois du Midi de la France, etc., Paris, Leleu, 1840, in- 12. — Lamarqu.' de Plaisance, Usages et Chansons populaires de l'ancien liazadais, Bordeaux, 1845, in-8°. — .\ristido Guilbert, Histoire des Villes de France, Paris, Furue et C'«, 1848, t. II, gr, in-S", — Cénac-Moncaiit , Voyage archéologique et historique dans les anciens comtés dWstarac et de J'ardiac, suivi d'un Essai sur la

lologuc, romancier, poèlc lyrique et satirique, Mary-Lafon fut un fervent patriote; on l'avait surnommé le XIi<li fait homme.

1. .Né dans la seconde moitié du xix» siècle, à Ferrièrcs (Lot), mort le 14 mai 11)08, Francis Maraluccli a dirigé des revues et des journaux de iirovincc cl s'est fait une place |)armi les chantres qucrcynois, en donnant un recueil, liocailles, choses de monpaijs, Paris, Lemerre, l.SHJ, iu-i:i. Il est en outre l'auteur d'une sorte d'épopée régionale, Les Jùulourques. « Kéveur avec <lélices, a>l-on dit, cet entêté cam/itn/iiartl, comme il se qualifie lui-même, a toujours préféré les gramis et lumineux horizons de Kerrières aux villes, où il n'a fait que de courts séjours; sa plumoesl élégante et fine, parfois un peu caustique, avec un grand sentiment poétique qu'il dut a sa vie de contemplatif. »

2. Signalons enfin, pour mémoire, dans le Quercy, la publication d'un recueil collectif, La Guirlande des Marguerites, snniwi» dédiés à la ville de Nérac (Nérac, ijidovic Durey, 187(», in-8"), qui à lui seul peut nous fournir encore la matière d une aidrc série de poètes, la plupart inconnus et dignes de l'être. Néanmoins l'ohjel de ce livre est curieux et méritait de n'être point oublié.

langue et la littérature gasconnes, Paris, Didier, 1856, in-S» ; Grammaire gasconne, Paris, 1863, in-16 ; Littérature populaire de la Gascogne, Paris, Dentu, 1868, in-18. (Voy. en outre son Dictionn. gascon-français, etc.) — B. Rey, Galerie biographique des personnages célèbres de Tarn-et-Garonne, Montauban, Forestié, 185", in-8''. — Francisque Micliel, Le Pays basque, Paris, Firmin Didot, 1857, in-8°; Le Romancero du pays basque, ibid., 1859, in-12. — [Louis de Lamothe], Notes pour servir à la biographie des grands hommes de la ville de Bordeaux, Bordeaux, impr. de Gounouilhou, 1858, in-8°; Le même, augmenté, Paris, Derache, 1863; Genève, 1869. et Amsterdam, IS"!}, in-8<>-

— D'- J.-B. Noulet, Essai sur l'histoire littéraire des patois du Midi de la France aux seizième et dix-septième siècles, Paris, Techener, 1859, gr. in-S» (ouvragetrèsimportant): Essai sur l'hist. littér. des patois du Midi, etc., dix-huitième s., Paris, Maisonneuve, 1877, in-8», — E. Forestié neveu, Biographie de Tarnct-Garonne, etc., Montauban, impr. Forestié, 1860, in-8». — F.-J. Bourdoau, Manuel de Géographie historique ancienne, Gascogne et Béarn, etc., Paris, 1861, in-8». — F. Couarraze de Laa, Les Chants du Béarn et de la Bigorre, Tarbes, Th. Telmou, 1861, in-8». — Guillaume Colletet, Vies des poètes gascons, publié par Tamizey de Larroque, Paris, Aubry, 1866, in-8»: Vies des poètes agenais, etc., Agen, impr. Noubel, 1868, in-8°; Vies des poètes bordelais et périgourdins, etc., Paris, Claudin, 1873, in-8». — Pascal Lamazou, Chants pyrénéens, Pau, Gacliau, 1869, in-4». — J.-D. Sallabery, Chants populaires du pays basque, Bayonne, veuve Lamaiguère, 1870, in-8». — Jean-François Bladé, Géographie historique de la Gascogne, Revue de Gascogne, 18G4 (V. p. 555-567); Chansons populaires en langue française recueillies dans l'Armagnac et dans l'Agenais,Varis, Champion, 1879, in-8»; Poésies populaires de la Gascogne, Paris, Maisonneuve, 1881- 1882, 3 vol. in-8». — Catalogue de la Biblioth. patoisc de Bourgaud des Marets, Paris, Maisonneuve, 1873-1874, 2 vol. in-8x — Baron Ch. de Tourtoulon, Etude sur la limite géographique de la langue d'oc et de la langue d'oïl, avec une carte (en coUab. avec O. Bringuier), Paris, Impr. Nationale, 1876, in-8»; Des Dialectes, de leur classification et de leur délimitation géographique, Paris, Maisonneuve, 1890, in-8°. — R. Reboul, Bibliographie des ouvrages écrits en patois du Midi, Paris, Techener, 1877, in-8».

— Abbé Beaurredon, Etudes landaises, etc., Pau, Ménetière, 1877, in-8». — Achille Luchaire, Etude sur les idiomes pyrénéens, Paris, Maisonneuve, 1879, in-8»; Rec. de textes de l'anc. dialecte gascon, ibid., 1881, in-S». — Y. Lespy, Grammaire béarnaise, etc., Paris, Maisonneuve, 1880, in-8»: V. Lespy et Raymond, Dictionnaire béarnais anc. et mod., Montpellier, Impr. Contr., 1886, 2 vol. in-8». — H. Affre, Biographie aveyronnaise. Rodez, impr. de Rroca, 1881, in-8». — A. do Roumejoux, Essai de

Bibliographie pèrigourdinc. Sauveterre, J. Chollet, 1882, in-S". — Abbé Léonce Couture, Le Génie gascon, discours, Toulouse, Ed. Privât, 1882, io-S"; Trois Poètes condomois du seizième siècle, Toulouse, Privât, s. d., ia-8». (Voir du môme : Esquisse d'une hist. littér. de la Gascogne pend, la Renaissance, Bull, du Com. d'histoire et d'archéol. de la prov. d'Auch, 1861, t. II, p. 507- 565.) — Paul Perret, Les Pyrénées françaises, Paris, Oudin, 1881 1882, 2 vol. ia-8". — Ed. Bourcier, La Conjugaison gasc-, Bordeaux, 1881, in-S»; La Langue gasc. à Bordeaux, Bordeaux, 1892 ia-8». — Mary-Lafon, IList. littér. du Midi de la France, Paris' Reiawald, 1882, in-8". Voir encore, du même auteur. Tableau histor. et comparatif de la langue parlée dans le Midi de la France, in-12; Histoire du Midi de la France, etc., 4 vol. ia-8»'

— Julien Vinson, Le Folklore du pays basque, Paris, Maisonneuve, 1883, ia-8'^ ; Essai d'une bibliographie de la langue basque^ Paris, Maisoancuve, 1891, ia-8». — J. Andrieu, Bibliographie génér. de l'Agenais et des parties du Condomois et du Bazadais incorporées dans le départ, de Lot-et-Gar,, Paris, Picard, 1886, 3 vol. in-8o. — Frédéric Mistral, Le Trésor du Félibrige, Paris, Champion, 1886, iu-4». — F. Aroaudia, Contes pop. rec. dans la Grande-Lande, le Béarn, les Petites-Landes et le Marensin, Paris, Lechevalier, 1887, ia-12, — A. Lavcrgae, Les Chemins de Saint-Jacques en Gascogne, Bordeaux, P. Chollet, 1887, io-8».

— J. de Laporterie, Les Vieilles Coutumes de la Chalosse, Les Chants populaires; Saiat-Sever, 1887, ia-8»; Les Traditions en Chalosse, Caea, H. Delesques, 1890, in-8»; voir aussi Une Noce de Paysans, Saint-Sever, 1885, in-8«. — Emmanuel Solovillo, Chants popul. du bas Qucrcy, Paris, Champion, 1889, in-8». — Joseph Daymard, Vieux Chants popul. recueillis en Qiiercy, etc., Cahors, J. Girma, 1889, in-18. — IV. Daleau, Notes pour servir à l'étude des traditions... de la Gironde, Bordeaux, Uellior, 1889, in-8". — Norbert Bosapelly, Au pays de Bigarre, etc., Tarbes Croharé, 1891, in-8». — [V. Foix], J'oésie popul. landaise, Dax,' impr. Hazael-Labéque, 1890, in-12. — L. Dardy, Anthologie populaire de l'Albret, Agon, Michel et Mcdan, 1891, 2 vol. in- 18.

— Froment de Beaurepaire, Chansons popul. du Qucrcy, La Tradition, V-VIII, 1891-1895. — Michel Camélat, Le Patois d'Arrens. Paris, Picard, 1891, in-8». — D. Belirens, Bibliographie des patois gallo-romans, 2» éd., trad. par E. Rabiot, Berlin, W. Gronau, 1893, in-8'>. — .Maxime Lanusse, De l'influence du dialecte gasc. sur la langue franc., Paris, Maisonncuve, 1893, in-8». — G. Bastit, La Gascogne littéraire, etc., Bordeaux, Fi-ret, 1894, in-12. — J.-L de I/.tueta, Textes des anciennes danses basques chantées, WorAcaux, Destouessc, 1894, in-8» (réinipr. du recueil do Don Juan Ignacio de I/tuota donné primitivement en 1824'.

— G. Jourdanue, Hist. du Félibrige, IS'j'j-lSilli, Avignon, Boumanille, 1897, in-16. — D' Collignon, A. Planté, L. Ètchcvcrry,

Wentworth Webster, J. D. Sallaberry, Ch. Bordes, J. de Jaurgain, A. Campion, etc., La Tradition au pays basque, Varis, aux bureaux de la Tradition nationale, 1899, in-S". — J. Forestier,

Curiosités patoises recueillies dans un coin du liouergue, Paris, J. Mersch, 1900, in-18. — Paul Mariéton, Les Précurseurs du Félibrige, IdoO-lSkS, Revue félibréenne, 1900. Voir surtout L'Evolution félibréenne, Revue félibréenne, 1892-1895, t. A'III, IX et XI (étude très importante sur l'histoire littéraire du Midi). — Ed. Lefèvre, Catalogue félibrèen et du Midi de la France, Marseille, Ruât, 1901, in-8'' ; Années félibréennes 1903 et 190^, suppl. au précédent ouvrage, ibid., 2 fasc. in-8». — Paul Dutfard, L'Armagnac noir, Auch, 1902, in-8». — Abbé Casse et abbé Chaminade, Vieilles Chansons patoises du Périgord, Périgueux, Cassard, 1902, in-8»: Cliansons patoises du Périgord, Paris, Champion, 1905, in-S». — Albert flrimaud, La Race et le Terroir, Cahors, Petite Biblioth. provinciale, 1903, in-8». — J. Michelet, Poètes gascons du Gers depuis le seizième siècle jusqu'à nos jours, Auch, imprim. Th. Bouquet, 1904, gr. in-8». — J. Michelet, Notre France, 9« édit., Paris, Colin, 1907, in-12. — Vidal de la Blache, Tableau de la Géographie de la France {Histoire de France de E. Lavisse, t. I), 3« éd., Paris, Hachette, 1908, in-4». — Pierre Lhande, Autour d'un foyer basque, Paris, Nouv. Libr. nationale, 1908, in-12. — Ant. Perbosc, Anthologie d'un centenaire, Pages choisies des écrivains tarn-et-garonnais, 18ÛS-1908, Prosateurs, Montauban, P. Masson, 1908, in-8». — A. Praviel, L'Empire du Soleil, Paris, Nouv. Libr. nationale, 1908, in-12. — E. Gaubert et J. Véran, Anthologie de l'amour provençal, Paris» Mercure de France, 1909, in-18, etc. On consultera en outre le Catalogue de la Biblioth. du D'^ J.-B. Noulet, 1893; Tlntrod. à l'édit. du Parterre gascon, de Bédout (1850), par Ph. Abadie; La Grande Revue, fasc. consacrés au Périgord, 16 janv.-l»'" févr. 1907; la Revue de Gascogne (Cf. Table générale des XLI premiers vol., Auch, impr. G. Foix, 1900, in-8'>); VArniana gasconn (18^8- 1874) ; l'/lr/na/ia g-aroM/ifi/zc (Villeneuve-sur-Lot et Agen, 1891, 1892 et 1894); VArnianac patou'es de la Bigorro (1893), V Armana gascon (1894), VArmanac quercinou'es (1893), la Collection de la Revue félibréenne (1885-1900), et les collections des périodiques suivants : La Terre d'oc (Toulouse), Revue des Pyrénées, Les Annales du Midi, Revue des langues romanes. Revue Méridionale, Bull, de la Soc. des études du Lot, Bull, de la Soc.

istor. du Périgord, Lou Bournat dou Périgord, Reclams de Biarn

Gascounhe, Revue du Tarn, Le Félibrige latin, etc.

CHANSONS POPULAIRES

CHANSON BASQUE* (texte souletin)

Le chemin des étoiles du ciel — Si je savais, — Là ma jeune bicn-aiméc — {Tout) droit je la trouverais; — Mais à partir de ce soir — Plus ne la verrai!

A un jeune chêne par la cognée — Abattu — Est pareil mon cœur — Blessé : — Ses racines périront — Desséchées.

S'il se pouvait que mon œil — Se ferme (à jamais), — Pour que celui de ma jeune bien-aimée — Brille [de nouveau) — Je mettrais mon sang- — Versé! !

Parce qu'elle était de toutes les fleurs — La plus jolie, — Et de mon cœur — La plus aimée, — Pour elle sera mon dernier — Soupir!

ZELUKO IZARREN BIDIA

(ZIBERUTAUREX)

Zclilko izarren bidia

Nik bancki, Han niro enc maitc gaztia

Chiichcn khaiisi; Bcna g.nir jii<>uiti uik hura

Ez ikhiisi !

Harilch ga/.to bat nik ailiotzaz

Treiikattirik Udari zait cnc bihotza

Kolpatikrik :

Erruak croriko zaitzola

Eihartilrik!

Ahal haliz ene bogia

Zerrntiirik Eno niaite gaztiarcna

ArgitilriU-, Ezar niro eue odola

Ichiiririk !

Zcrtîii l>citzcD lili ororcn

Eijerreua, Bai cta <;no bihotzeko

Miiitouuna.

Harcn izauon (la cno azkca

Hasporuna!

1, Chansons populaires du pays hasqna, rec. parJ.-I). Sallabfi'ij (Hayoïiiic, impr. veuve Lamaiguièrc, 1870, 10-4»).

KALLA KANTUZi

La caille chante sous les blés en juillet et août ; — Je l'ai entendue maintes fois en revenant de chez ma mie; — Car l'amour souvent me menait à sa porte ou à sa fenêtre.

De l'aniour peut prendre celui qui en veut. — Moi, j'en ai pour une et jamais je ne la laisserai, — Non, jamais jusqu'à la mort.

Le coucou met ses petits dans un petit trou sur la cime d'un chêne; — Mère, moi, je voudrais me marier lorsque je serai en âg-e : — H y a déjà longtemps que mes compagnes le sont.

Que la fleur de la violette est belle au printemps! — Il y a longtemps que je n'ai vu l'œil de ma mie; — Peutêtre la pauvrette se souvient-elle de la foi qu'elle m'a jurée.

Je m'en souviens, je m'en souviens, je ne l'ai point oubliée;

KALLA KANTUZ

Kalla kantuz ogi petitk iiztaril agorri letan : Mnitea ganik etchera koaa entzun izandut bortzetan

Amodioak bainera bilkaa haren athe lei hoetan.

« Amodioa, amodio nahi duenak har diro.

Nik batenzat hartu dut eta sckula ez utziko Ez sekula, toabaren barnen sarthu artino. Kukuiak umeak chilho ttipiaa haritz gainean; Ama, ni ère nahi niz ezkondu adinak ditudanian; Ene lagiinak eginak dire juan den aspaldi handian. Primaderan zoinen eder brioletaren loria! Aspaldiau nit ezdut ikhusi, neure maitiaren begia; Balinba gaichoak eztu ahant/.e niri eman fedia. — Orhoitzea nuzu orhoitzen, ez zautazu ahantzten;

1. Chanson publiée par M. Charles Bordes dans le recueil Za Ti'atHtion au pays basque (\^oy. La Musique popul. des Basques, etc.), Paris, aux bureaux de la Tradition nationale, i899, in-S».

— Je souffre dans ce monde autant qu'une Madeleine; — Et j arrose de mes larmes le pain que je mang-o.

La nuit est sombre, longue la route, n'est-ce pas grande peine? — Nous venons vous voir, étoile enchanteresse; — Ouvrez-nous la porto, vous qui êtes pleine de tendresse,

Quoiqu'il fasse nuit noire, nous ne manquons point de lumière ; — Cette étoile charmante se tient à la fenêtre. — Elle nous éclairera durant le temps que nous rentrerons à la maison.

CRIBETEi

(chanson recueillie a panassac, gers)

Cribete, on l'a mariée, — La fille de Cormesin. — Elle est si petite, — Elle ne sait pas se vêtir. — L'amour lu tient, l'amour qui ne la tient — Voudrait la tenir.

Son mari va à la guerre — Pour la laisser grandir. — Quand la guerre est finie, — \l retourne dans son pays.

Il s'en va frapper à la porte. — « Cribete, viens ouvrir. »

Madalena batek bezanbat muadtiiaa dut sofritzen. Jaten diidan ogia ère nigarrez dut trenpatzen. Gaua ilhun, bidia luze, ezdea phena handia? Zure ikhoustcra jiteu gira, izar charmagarria; Borlha irek'aguzu, zuk, tendreziaz bethia. Gaua luze izanagatik, argi mcntsik ez dugu Izar charmagarri hura loihoan oinca dagozu : Ou etchian sarlhu artino, harek argituren derauku.

CIUHETO

Cribeto.l'an casado, j .. Soun mnrit l)at à la guerro

Hillo do Cormesi, J * l'er la dcclia grandi. Ero n'es tant petite. Quant la guerro es finido.

Non se sab pas besti. Quetourao au soun pais.

L'amour In teng, L'amour qui nous la teng, S'en ba tusta a la porto,

lioudrio la teni. « Cribolo, sai oul)ri. »

1. Les deux pièces qui suivent sont extraites du recueil do Jean- François iilad/', J'oésifs pojiulaires de la Gascogne, l'aris, Maisonneuve, 1882, .3 vol. iu-12.

— Sa mère, toute pleurante : — « Gribete n'est pas ici.

« Le roi Maure l'a prise, — Menée dans son pays. — Donnez-moi la cape rouge, — Le bûton de sapin. »

Il va demander l'aumône — Dans le pays Maure. — Du balcon du roi Maure — Gribete l'a vu.

Elle peigne sa chevelure — Avec un peigne d'or fin.

— « Fais charité, seïïora, — Au pauvre pèlerin.

— Je ne puis pas, senor, — Je ne suis pas d'ici. » — Le roi Maure l'écoutait — Du fond du grand jardin.

« Fais charité, senora, — Au pauvre pèlerin. — Si tu n'es pas ma femme à présent, — Tu le seras demain matin.

— Va à l'écurie, — Prends le meilleur roussin. » — Le roi Maure les poursuit : — « Gribete, viens ici. »

Quand ils sont au pont d'Oviedo — Le pont vient à partir. — « Vierge je te l'avais prise, — Et vierge tu l'as ici. )) — L'amour la tient, l'amour qui ne la tient — Voudrait la tenir.

Sa mai, toute plourouso :

« Cribeto n'es aci.

« Lou rèi Maurou l'a proso, Miado en soun pais.

— Doiinatz-me la capo roiijo, Lou bastouQ de sapin. »

Ba demanda l'aumoino, Dens lou pais Mauri.

Dou balcoun dou rèi Maurou.

Cribeto que l'a bist.

Pintuo cabeliino Dab un ]>intou d'or fin.

« Hè caritat, senora.

Au praube pelegrin.

— Nau podi pas, senor, Jeu nou soui pas d'aci. »

Rèi Maurou l'escoutano, Dou houn dou gran jardin.

« Hè caritat. senora, Au praube pelegrin.

Si n'es ma beuno adaro,

Seras douman maitin.

Bei a l'escuderio :

Preng lou milieu roussin. »

Rèi Maurou lous acasse :

a Gribete, sai aci. »

Quant soun au pountd'Obiedo * , .

Lou pount beng à parti. )

« Bierge te l'aui preso, E bierge l'as aci. »

L'amour la teng, L'amour qui nous la teng' Boudrio la teui.

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