‹ Les poètes du terroir du 15e siècle au 20e siècle; textes choisis accompagnés de notices biographiques, d'une bibliographie et de cartes des anciens pays de FranceChapitre 125 sur 284 · OLIVIER DE MAGNY · texte numérisé non relu

OLIVIER DE MAGNY

Olivier de Magny, comme Clément Marot, naquit à Cahors, on Qiiercy, vers l'an 1529. Il appartenait à l'une des plus anciennes maisons do sa ville natale. Son père, Michel de Magny, exer- «.'ait la charge, héréditaire dans sa famille, de notaire royal: sa iiiere se nommait Marguerite de Parra. Il fut envoyé de bonne heure à Paris, où son compatriote Hugues Salel, de Casais, enQuercy, laccueillit avec bienveillance et le fit son secrétaire. Après la mort de ce dernier, en 1554, il s'attacha à Jean d'Avan* son, conseiller d'Etat, et le suivit dans une mission diplomatique auprès du pape Jules II, à Rome. En ce pays, il lit la rencontre de Joachim du Bellay, secrétaire d'ambassade comme lui. Les deux jioètes se lièrent. De retour en France, après un séjour de trois années, Olivier de Magny s'arrêta à Lyon et s'éprit de Louise Labé. C'est vraisemblablement à notre poète <iue la Belle Cordière écrivit les plus passionnés do ses vers d'amour. Devenu secrétaire du roi, il mourut en 1560, à peine âgé de trente ans. Ses œuvres consistent en cinq recueils : Les Amours (Paris, Est. Groulleau, 1553, et Lyon, B. Rigaud, 1573, in-8») ; Hymne sur la Naissance de Madame Marguerite de France, ai'cc quelques autres vers I.iriques (Paris, Arn. l'Angelicr, 1553, in-S»); Les Gayetcz (Jean Dallier, 1554, in-8»); Les Souspirs (Paris, "Vincent Sertenas, 1557, in-8") et Les Odes (Paris, André Wechcl, 1559, in-8<>}. Rien n'est plus rare que ces livres originaux. Aussi en a-t-on entrepris il y a peu d'années diverses réimpressions. Voyez. : Les Amours, Les Souspirs, Les Gayctez, L.es Odcs^ etc., publiés par Prosper Blauchcmain, Turin, Gay, 1869, 1870, et Lyon, Scheuring, 1876, 4 vol. iu-8"; Les Œuvres d'Olivier de Magny [Gayetez, Soupirs, Odes, Amours, Dernières Poésies), avec notices et index par E. Courbet, Paris, A. Lemcrrc, 1871-1881, G vol. in-12.

Un érudit de province, Emile Dufour, do Cahors, a publié de curieux renseignements sur la famille du poète et sur les lieux <iui sans cesse lui furent chers. Nous en détacherons ce qui suit: 0 L'habitation do Magny a la ville était encore en 1560 — lorsque fut rédigé le grand cadastre do Cahors — dans la rue do l'.lbescat, rue dont l'emplacement, ainsi que celui de plusieurs autres

GASCOGKE ET GUYICNNK

nielles adjacentes, fut, bientôt nprès, absorbé jiar l'immense })alais que les évèques firent construire dans ce quartier, et dont les chassa si vite la Révolution. Sa demeure des champs, «onime le poète l'appelle dans l'une de ses odes, composée d'un petit jardin, d'un petit champ, d'un petit bois, d'une petite fontaine, était évidemment située dans la vallée accidentée qui se trouve à l'orient et en face de la cité, dont elle n'est séparée que parla rivière et que l'on nomme, je ne sais trop pourquoi, Cabessut, Camp haussât, peut-être. Ce devait être la maison aujourd'hui singulièrement délabrée qui, aux pieds du premier coteau, où finit doucement la plaine, se pose entre deux chemins qui ont transformé ses dépendances en triangle, comme une espèce de promontoire à l'extrémité duquel se trouvait [vers 1860] un petit lac qu'on appelait encore le lac de Magny. La campagne, aux alentours, presque entièrement dénudée aujourd'hui, à cause des cultures spéciales auxquelles elle est exclusivement consacrée, était alors couverte de magnifitiues chênes, de vignes à la végétation luxuriante et de chàtaigniei s gigantesques. » Poète facile et fécond, Olivier de Maguy est un des plus agréables disciples de la Pléiade.

Bibliographie. — Emile Dufour, Etudes historiques sur le Ouercy, Cahors, Plantade, 1864, in-8". — J. Favre, Olivier de Magny, 1529 {?)-156L Etude biogr. et littér., Paris, Garnier, 1886, in-8». (Consultez en outre la Revue d'Histoire littéraire de la france, 18'J8, p. 167, et 1903, p. 467.)

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