A MOUSSU DE BIRON
PEU Y D A M A N D A LA G R A Ç O d' U X PAY S A \ QU'abIO PANAT DE BOY
Mounseigaur, bous besès qu'aquel home, à sa miiio,
Announro, per sigur, un paysan bien paùras.
Gaytas-lou per daban, gaytas-lou per l'esquiuo,
Nou besès qu'un gipou tapissât de petas.
Soun cap es sans capèl, sas cambos sans dcbas;
!May qu'un bcrme adamat, la paùrièro lou mino.
Per a quel malurous daniandi pas de graço;
Per l'exemple do louts, boli quo sio punit :
A counditiù pourtant que soun boy mes en masso
Pesara lou hiùriè ([no bous abès ciilhit.
PEYROT DE PRADINAS
Jcan-Claiulc Peyrot naquit à Millau on 1709. Elève des jésuites, il devint prcbendier »le l'abbaye de Saint-Sernia de Toulouse et enfin prieur fie Pradinas. Il ajouta à l'exercice de son ministère l'entrelieu des lettres et la pratique de la musique. Il écrivit d'abord en langue française, puis directement en dialecte rouergat. Peyrot de Pradinas avait des mœurs douces, un caractère naturellement enjoué et beaucoup d'esprit. Il joignait à une foule de connaissances rurales, fort appréciées de ses paroissiens, une réelle culture des poètes anciens et modernes. Couronné dans sa jeunesse par les Académies de Toulouse et de Rodez pour sept opuscules poétiques, il n'en demeura pas moins fort simple et attaché à son humble condition. 11 méprisa l'argent à l'égal des honneurs et mourut pauvre, pendant la période révolutionnaire, à Paillas, petit village situé à deux lieues de son clocher natal, en 1795. Nous ne mentionnerons pas ici ses travaux de jeunesse : nous nous contenterons de signaler les éditions complètes de ses a-uvros. et en particulier des Saisons, le poème qui l'a rendu célèbre : Poésies diverses patoises et françaises, par P. A. P. D. P. En Rouergue, s. n., 1774. in-S»; Les Quatre Saisons on les Géorgiques patoises, etc., Villefranche, Vedeilhé, et Millau, demoiselles Rainaldis, 1781, in-S»; Œuvres patoises et françaises de Claude Peyrot, ancien prieur de Plfadinas, contenant deux parties, 2« éd., Millau, impr. de Chanson, an XI, in-8°; La nie me, 3» éd., soigneusement revue, corrigée et augm., Milhau. impr. de Chanson, 1810, in-8»; La même, etc., 4« éd., Millau, Carrère, 1823. in-S» : Les Saisons, poème patois, trad. en vers français par A. Peyramale, texte en regard, Paris, Sorbet. 1862, in-lC La muse de Peyrot de Pradinas n'est pas (îxempte des libres propos qu'on rencontre chez presque tous les patoisants. Elle a même une allure fort indépendante et ne
1. On annonce une sixième édition dos œuvres du poète rouergat. Cotte dernière, établie sous la direction de M. Léopold Cnnstans, est actuellemcnl sous presse chez MM. Arlièrcs et Maury, imprimeurs à •Millau. Elle paraîtra, croit-on, avant la lin de cette année.
répugne aux descriptions scatologiques. Les œuvres françaises de cet ecclésiastique sont édifiantes à cet égard.
Bibliographie. — Notice sur Peyrot de Pradinas, au début des Œuvres patoiscs, 1810. — Mary-Laron, Histoire littèr. du Midi de la France, Paris. Ileinwald, 1882. in-S». — J.-B. Noulet, Essai sur l'hist. littèr. des patois du Midi, dix -huitième siècle, Paris, Maisonneuve, 1877, in-8».
LA MOISSONi
Voici par la Saint-Jean la récolte annoncée,
Bientôt du blé nouveau nous ferons la jonchée.
Aiguisez, moissonneurs, ces fers tranchants et longs
Qui vont au point du jour luire sur les sillons.
De la couvée, enfin, meurt la lumière pâle,
Et Ton A'oit resplendir l'étoile matinale.
Aussitôt le fermier court, au soleil levant,
Au champ où l'orge ondule et se balance au vent.
Après cette moisson au fer abandonnée,
De ce seigle si fier la tige est renversée.
Au lit, avant le jour, pas un chat n'est couché;
On dirait qu'en ce temps dormir est un péché.
Sauf l'enfant qu'au berceau nulle voix ne console.