LA MOISSON
Olerto! oici Sen-Jan qu'onnounço lo recollo,
Din patic, de blat noubel pourren faire une niolto.
Segaïres, ociilals. ozugats lou boulouu.
Que lo puncho del joun dénia tout ])rengo boun.
Tout cscas de brilla cesso lo poulsinieyro.
Et coumenço o luzi l'estelo motinieyro,
Qu'on bey lou Poges courre ou se colo ol trobal.
E tout premieyromen toumba su l'ordical.
L'ordi u'és pas ol sol. quoi ferré obondounado.
Dé lo fiéro séguiol lo tijo es ronborsado.
01 liech obout lou jour trouborias pas un cat;
Scmblo qu'en oquel tems dé dounni sio pocat.
Exceptât lou niaïuatgc cncaro o lo bressolo,
i. Traduction de Marv-Lafon.
Et qui, seul tout le jour, gémit et se désole,
Tout le monde est aux champs et les toits sont déserts.
Ainsi, quand du tambour le son frappe les airs,
Et vient d'une bataille annoncer les alarmes,
Chacun fuit son logis et veut prendre les armes.
Les petits et les grands courent à l'ennemi;
Du poltron même alors le cœur est rafformi.
Tel le plus paresseux à la tâche s'escrime :
Du bras et de la voix le fermier les anime;
On l'entend, lorsqu'un d'eux semble fléchir tout bas,
Crier comme un aveugle : « Allons! je ne dors pas! u
Sur les riches moissons partout son regard vole,
Et des soins du passé l'espoir seul le console :
Bientôt il doit avoir des gerbes, de l'argent.
Cependant du dîner arrive le moment :
Au pied d'un chêne vert la troupe rassemblée
Mange la soupe à l'ail à pleine cuillerée.
Quelques instants après, ils dorment; mais la voix
De leur chef retentit une seconde fois :
« Alerte! mes enfants! le soleil marche et fuit;
Alerte, levez-vous ! nous dormirons la nuit. »
Que tout lou jour soulet se plouro, se désolo,
Tout lou niouadé es os comps; lous houstals sou déserts.
Otal quond del tombour lou soun frappo lous airs,
E que d'une botaillo onnounço los olarmos,
CaduQ quitte so caso é bo préné los armos.