L.\ IJELHADO
FRAGMENT DE « CANTOS d'eISIL »
Oh! ras bclhados do nousto E mia mai eno meyo-oumbn> Dabant ed làrie mantèt Espelant sué croui de li...
Ount eslamabo rabrousto! Ohiquin toutaco-mremoumbro
Oh! d metau de ras castagnos f^ '"'" P"'' cantant^près d'Ero
Penud en ed cremalh «rau Ha douço canto ded hus
,n .11 . j 1.- i> . Ou aprenoui ra tout permero :
fout hloucal de huis daragnos! ^" ^ ^
Hielo, hielo.
Oh ! ra halho eschorbilnnto Beroi hus,
Ou'on moucabo dab eds dits Pelo. pelo
E qu'auduu bouno abè tanto ! Coumo dus.
GASCOGNE ET GUVENNK
— Il faut quatre fuselées — Pour avoir un éclieveau; — D'écheveaux il en faut vingt — Pour faire un drap de lit.
— File, file, — Joli fuseau, — Roule, roule — Lestement. Tourne, tourne, — Fuseau fin, — Tire, tire — Sur li-
lin. — Tourne, tourne vite, — Et Dieu nous assiste! —
Nous ferons du bon fil, — Avec la grâce de Dieu! —
Tourne, tourne, — Fuseau fin, — Tire, tire — Sur le linl
Yole, vole, — Petit fuseau. — Coule, coule, — Joli fil.
— La fillette grandit, — Le garçon devient fort. — Je serai tôt grand'mère : — Filons le trousseau! — Vole, vole, — Petit fuseau. — Goule, coule, — Joli fil!
Filez, filez, — Quenouille et fuseau; — Tirez, tirez, — Petits doigts roses. — La veillée est longue; — Filons, filons donc, — Et puissions-nous l'an prochain — Etre aussi nombreux au foyer ! — Filez, filez, — Quenouille et fuseau; — Tirez, tirez, — Petits doigts roses!
[Chaiisojîs d'exil.)
Husats en eau couate Ent' asso rebate, En eau bint d'assô Enta hè linsb.
Hielo, hielo
Beroi hus,
Pelo, pelo
Coumo dus!
Biro, biro,
Huset fi.
Stiro, stiro
Sus ed li.
Biro, biro biste, E Diuze cnz-assistc!
Heram de bou liiu, Pra gràcio de Diu!
Biro, biro,
Huset fi.
Stiro, stiro
Sused li!
Bolo, bolo,
Huset choi;
Colo, colo,
Hiu beroi.
Ba drotle es hè grano.
Ed drotle es hé ))èt.
Serèi léu inai-grano :
Hielem edtroussét!
Bolo, bolo.
Huset choi;
Colo, colo,
Hiu beroi !
Hielo, hielo,
Hus e croui;
Pelo, pelo,
Dito roui.
Ba belhado ei lounco :
Hielem, hielem dounco.
E pouscam iaute an Este à caso autant 1
Hielo, liielo,
Hus e croui;
Pelo, pelo,
Dito roui!
EiMMANUEL DELBOUSQUET
Ce vigoureux évocatour du sol est né le 27 avril 1874, à Sos (arrondissement de Nérac), en Albret, aux confins des grandes landes de Gascogne. « Mon père, nous écrivait-il en juin 1907, est issu d'une vieille famille du bas Quercy, les Fénelous, dont une branche fut, en 1848, appelée de Fénelous du Bosquet (en dialecte quercinois del Bousquet, du nom de sa propriété). Mon grand'père paternel garda ce nom seul, après l'avoir longtemps accolé à celui de Fénelous. Ma mère est de souche mi-paysanne, mi-bourgeoise du pays d'Albret. Sos parents, anciens maîtres de forge ou meuniers, possédaient d'importantes propriétés dans les Landes. Enfant, la région du « Terro-Hort » (le terrain dur) ne m'attira jamais. Face à la colline de Sos, le Pays du sable couvert d'immenses pignadas (forêts de pins) et de surrèdes (forêts de chênes-lièges), s'étend comme une mer bleuàtrejusqu'aux plateaux des landes rases. Dès que je pus tenir en selle sur un vieux poney, je partis à la découverte de cette contrée unique dont la contemplation passionnée forma mon âme. Au cours des déplacements de mon père, alors fonctionnaire en Agenais, en Quercy et dans le haut Languedoc, j'ai ressenti une âpre souffrance à m'éK)igner du pays landais. Adolescent, au polit séminaire de Toulouse, je fus en proie à des crises de nostalgie telles que je passais des h(>urcs hypnotisé devant une carte de géographie où j'avais dessiné les limites naturelles do ma région... Le seul mot « lande » m'émouvait jusqu'aux larmes. J'étais frêle â l'extrême. Ma sensibilité maladive, quand l'obsession du sol natal devenait intense, me valut deux ou trois crises de fièvre cérébrale. Plus tard, cependant, je revins à Toulouse sans regrets et j'y contractai dos relations d'amitié qui durent encore, avec dos poètes comme Marc Lafarguo, les frères Maurice et André Magro, Jean Viollis. Joseph Bosc. Je fondai successivement avec eux les Essais de jeunes (1891), L'Effort (1896-1902), le Midi fédéral et la llevue Provinciale. L'un des premiers, sans avoir lu Mistral, Foiirès et les Félibres, j'avais eu conscience d'imo renaissance méridionale. Par la suite, dès mon mariage îi Toulouse, en 1895, je revins on Albret pour n'en
plus guère sortir et pour y retrouver, grAceau repos, à la pureté de l'atmosphère, aux longues randonnées dans la lande la paix morale et la santé. J'y mène la vie de propriétaire campagnard, m'occupant de mes métairies, élevant du bétail et des chevaux, plantant des bois de pins. Travail et solitude me tiennent lieu de devise. Je parle avec amour mon vieux dialecte gascon, celte langue robuste et pure que Montaigne et du Bartas admiraient. Je jouis le plus possible de la terre, selon les traditions des miens. J'ai pris conscience de moi-même. »
Emmanuel Delbousquet a publié une plaquette de vers : En les landes (Toulouse, 1892, in.l2), puis quatre romans de mœurs landaises : Le Mazareilh (Paris. OUendorlf, 1902, in-18), Margot (Toulouse, Soc. provinciale d'édition. 1903. in-18), L'Ecarteur (Paris, Ollendorff, 1904, in-18), Miguettc de Cantc-Cigale (Paris, Nouvelle Libr. Nationale, 1908, in-18). On lui doit en outre un recueil de poèmes, Le Chant de la Race, 1893-1907 (Paris. Messein. 1908, in-18), où s'inscrit magnifiquement, c'est le mot, son amour de la petite patrie.
Emmanuel Delbousquet a collaboré au Télégramme (Toulouse) , à L'Almanach du Midi, à L'Ermitage, au Pays de France, à la Revue Pérignurdine, à L'Ame latine, à la Revue Forezienne, à la Revue de Paris, à L'Occident, à La France du Sud-Ouest, etc. Il est mort le 20 mai 1909, au lieu môme de sa naissance, laissant le souvenir d'un artiste noblement inspiré et dun homme de cœur.
Bibliographie. — A. Grimaud, La Race et le Terroir, Cahors. 1903, in-8». — L. Le Cardonnel et Ch. Vellay, La Littérature contemporaine, Paris, Mercure de France, 1905, in-18. — G. Casella et E. Gaubert, La Nouvelle Littérature, Paris, Sansot, 1906, in-18. — R. Davray et H. Rigal, Anth. des poètes du Midi, Paris, Ollendorff, 1908, in-18. — L'Ame latine (Toulouse), juill. ^909.