LE SAUT
Qu'il aille droit vers elle, ou, campé, qu'il s'arrête, — Les pieds joints et liés par le nœud du mouchoir. Pour la franchir d'un bond léger, — la fauve bête Le guette d'un œil fourbe et feint de point ne voir.
Mais, au cri rauque et dur, elle a, baissant la tête. De son sabot fourchu creusant le sable noir, Fait tressaillir le peuple et l'arène niuette. En beuglant longuement au ciel pourpre du soir.
Puis, d'un élan farouche, elle fonce... Il rassemble Son torse, et, d'un seul coup de jarrets, bondissant Dans le poudroiement d'or qu'ils soulèvent ensemble,
Saute... — et sous ses pieds joints la bête passe encore, Tandis qu'immense, vers l'azur éblouissant, «
Monte, roule et se perd une clameur sonore.