‹ Les poètes du terroir du 15e siècle au 20e siècle; textes choisis accompagnés de notices biographiques, d'une bibliographie et de cartes des anciens pays de FranceChapitre 182 sur 284 · LE CRÉPUSCULE · texte numérisé non relu

LE CRÉPUSCULE

Le crépuscule. L'odeur fraîche de cette eau.

Le soleil qui bleuit la pente du coteau.

Le chaud silence et la volupté que l'on goûte

A puiser dans ses doigts l'eau pure du bassin •

C'est le seul bruit léger qu'en mon âme j'écoute,

Tant le soleil tarit le rêve qui s'égoutte.

Gomme l'eau de la source au creux tiède des mains.

il^ LES POETES DU TEKROIR

Dans la pinède en feu, sur la blancheur des sables, Où crépitent sans fin leurs cris intarissables, Ivres du lourd' soleil et du miel de 1 été, Depuis l'aurore, les cigales ont chanté... L'odeur des foins coupés, des chênes, des résines, Dans le vent embaumé de la lande voisine, Sur les coteaux pierreux et les dunes qui brûlent, S'exhale enfin dans la flamme du crépuscule.

En face du vallon sauvag-e où les rochers

Sont pleins de chênes creux et d'antiques ruchers. —

Au bord des vignes où butinent les abeilles

Sur les raisins dorés et les figues vermeilles, —

Immobiles, dressant au ciel torride et bleu

Leurs grands rameaux d'or vert et de bronze écailleux.

Des pins, au bout du roc où leur tronc nu se plante,

Hors du sable stérile aux bruyères sanglantes.

Parmi les lièges argentés aux troncs vermeils.

Gardent à chaque entaille un éclat de soleil,

Tandis que le soir tombe au fond des landes rases,

Par delà les bois noirs que le ciol rouge embrase.

Et, comme notre rêve, en l'ombre chaude eiicor,

La résine à leur flanc s'écoule en gouttes d'or.

[Le Chant de la Race.) Vallée de la Gueyze.

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