‹ Les poètes du terroir du 15e siècle au 20e siècle; textes choisis accompagnés de notices biographiques, d'une bibliographie et de cartes des anciens pays de FranceChapitre 193 sur 284 · J.dc Gaulle, Descript. géogr. de l'Ile-de-France, etc · texte numérisé non relu

J.dc Gaulle, Descript. géogr. de l'Ile-de-France, etc

serré entre la Seine, la Marne, l'Oise, l'Aisne etlOurcq, il formait à peu près une île, avait plus tard étendu ses limites vers l'Ouest et le Midi. Durant les trois derniers siècles de l'ancienne monarchie, il avait renfermé six subdivisions : l'Ile-de-France proprement dite, ou plutôt le pays de France, Francia, avec lequel le Parlsis et la Goëlle étaient confondus ; la Brie françoisele Gâtinois françois, le Hurepoix, le Mantois et lo Vexin françois 1. Son étendue était d'environ trente lieues, de l'est à l'ouest, depuis Donnemarie jusqu'à Dreux, et de vingt lieues du nord au sud, depuis Royaumont jusqu'à la Ferté-Alais. Avant la conquôle romaine, la presque totalité de ce pays était habitée par un peuple qui, sans égaler ea puissance les Sénonais et les Carnutes, ses voisins, méritait d'être compté parmi les plus belliqueux. Celaient les Parisii, dont le territoire était borné au nord parles Sylvanectes et les Bellovaques, au sud et à l'ouest par les Carnutes et les Véliocassos, à l'est par les Sénonais. César les réduisit, non sans peine, après en avoir massacré un grand nombre, parmi lesquels se trouvait leur chef, le vieux Camulogéne. Nous ne suivrons pas le récit des événements dont le territoire des Parisii fut le théâtre dans les premiers siècles de son histoire. Ces faits trouveraient naturellement leur place dans une monographie de Paris. Devenue capitale du royaume des Francs sous Chlodwig, cette ville exerça bientôt un irrésistible pouvoir et absorba dans ses destinées, selon l'expression d'un historien, celles de la peuplade gauloise à laquelle elle devait sa fondation. Le duché de France, point central autour duquel la nationalité française vint se reconstituer après le démembrement du royaume carlovingien, fut créé dans la seconde moitié du ix" siècle. Au siècle suivant, Hugues Capet, en fixant la couronne dans sa maison, commença d'établir l'unité monarchique française. Une fois cette œuvre difficile accomplie, il n'y eut plus à proprement parler d'histoire locale en Ile-de-France, mais une succession d'événements intéressant les destinées nationales. Pendant longtemps Paris et les territoires circonvoisins n'auront été que les agents d'un puissant organisme donnant la vie à tout un pays. Il serait à souhaiter qu'il en fût de mémo aujourd'hui. Disons-le tout d'abord» c'est l'absence de personnalité qui distingue l'Ile-de-France, et en particulier Paris, de toutes nos provinces. Là. rien de précis ni de heurté. Point de race, mais lemélangede centraceslesplus opposées ; point de caractère original, mais une fantaisie, une va-

1. Dans celle énumération on fait entrer généralement une faible partie du Valois, le Pinserais, l'Yveline (lerriloire en partie couverl par laforôlde Kambouillcl), la Madrie, le Drugcsin ou Drouais, etc., petits pays plus ou moins apocryphes, cités par les anciens géographes.

II,E-DE-FKANt:i

riélé d'expression se substituant au génie local. Seuls, les lieux éloignés des grandes voies de communication gardent encore des types particuliers, mais, à tout prendre, ces types, qui disparaissent peu a peu devant l'uniformité de la vie uioderne. no ont, le plus souvent, que dos émigrés des provinces limitro-

Roueii"^ V^>^yBeaiiYais

Page 1