FRANÇOIS VILLON
La vie de François Villoa n'est connue que depuis peu. Ce singulier personnage, qui devait laisser la réputation d'un mauvais garçon et diin grand poète, naquit en 14:51, pendant qur Paris demeurait encore sous la domination anglaise. Il était pauvre et de petite naissance et s'appelait de son vrai nom Montcorbier, ou encore des Loges, d'un nom de lieu d'où il tenait peut-être ses origines. François, ayant de bonne heun perdu son père, garda longtemps sa mère, bonne femme pieuse et illettrée, et fut recueilli par maître Guillaume de Villon bachelier en décrets, chapelain de Saint-Benoît-le-Bétourné qui le logea dans sa maison, dite la Porte-Rouge, au cloîtrt Saint-Benoît, près le collège de Sorbonne. Il prit le nom de sot bienfaiteur et, destiné à suivre l'état de clerc, fut inscrit sut les registres de l'Université. Villon prit ses grades. Bacheliei à dix-huit ans, en 1449, licencié et maître es arts en 1452, il n'eût rien laissé de son court destin si sa Jeunesse n'avait subi le contre-coup d'une époque troublée. Ses années d'études avaient; été particulièrement orageuses. « L'Uuiversité, écrit M. Anatole France, était alors en querelle avec le Parlement. Le.*leçons et les prédications avaient même été suspendues pendant quelque temps. Les recteurs réclamaient, les écoliers se mutinaient et apprenaient moins les préceptes des sept arts libéraux que la manière de rosser le guet. » Ce n'était point un mince plaisir pour ces derniers que de voler les crocs à l'éta! des bouchers, décrocher les enseignes et scandaliser les marchands, les bourgeois et les hôteliers de Paris par mille extravagances burlesques et cyniques. Une fAcheuse alfaire survenue en juin 1455, jour de la Fête-Dieu, et dans laquelle il S( rendit coupable d'un homicide sur la personne d'un prêtre. Philippe Serraoise, le fit mettre en prison, juger par la prévôté de Paris et condamner au bannissement. Ici finit la carrière universitaire de Villon. Peu après commença pour lui une existence nouvelle, qui ne fut point bonne et dont les témoignages tiennent lieu et place de fiction dans son œuvre de poète. Sans ressource, sans gîte et sans appui, Villon ne tarda pas à se liei
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vec quelques compagnons de hasard et d'iurortune, anciens coliers, clercs vagabonds, mendiants et voleurs, qui avaient (fis le surnom de coquillarts — synonyme d'audacieux malfaieurs — et terrorisaient la province. Il erra plusieurs mois du 'îord au Midi, associé à de nombreux méfaits de tous genres, usqu'au jour oi'i. grâce h d'anciennes amitiés et à la tendre solli- :itudc de son père adoptif, il obtint des lettres de rémission et )Ut rentrer à Paris. On dit qu'il reprit pendant quelque temps, lU cloître Saint-Henoit, la vie insouciante do naguère, et qu'il ierait devenu quelque homme sage, quelque vénérable clerc, ians la traverse d'amours malheureuses et un certain penchant > la perversité. Aussi bien n'avait-il point oublié ses anciennes réquentations. 11 aimait l'argent, le jeu. la bonne chère et les illes et ne répugnait point à la débauche. Il le lit voir en dévaisant de compagnie, aux environs de Noël (l'i.'SBI, la sacristie lu collège de Navarre. La crainte du châtiment l'cloigna encore le Paris, et ce n'est point trop dire qu'il ne gagna pas, à par- ;ourir les routes de France avec des malandrins de son espèce. ,e goût de la vertu, sinon de la tranquillité. Ou le rencontre à Vngers à la fia de 1456, puis à Blois, où il trouve le moyen de se aire bien voir, grâce à ses talents et son ingénuité du poète, du :et autre gentil rimeur, le duc Charles d'Orléans. Remis pou iprès en prison, pour on ne sait quel motif, il échappe de mmi-eau à sa disgrâce, remercie Dieu, prend les jambes à son cou, ;omme un liomme qui n'a pas la conscience nette et craint l'être appréhendé, traverse le Berry, remonte la Loire, par- -•ourt le Bourbonnais, le Forez, gagne le Dauphiné, où il reçoit un cadeau du duc de Bourbon, après quoi il revient dans l'Oréanais et passe l'été à Meung-sur-Loire, dans les prisons de 'évoque d'Orléans, Thibault d'Aussigny. Il a confessé quelque lart qu'il y avait, non loin de Meimg, un endroit dangereux pour es enfants perdus. C'est Montpipeau, où il avait été pris la main lans le sac. Cette fois il devra la liberté à la clémence royale. Lie roi Charles VII venait de terminer dans un château. prèsUe tJourges, sa triste existence (22juill. 1461). François Villon était I en chartre étroite et dure » quand le roi Louis XI, nouvellement iacré, passant par Meung-sur-Loire, délivra, en don de joyeux ivènement, plusieurs prisonniers, parmi lesquels était le poète le la Porte-Rouge. Il allait pouvoir enfin rentrer à Paris et réuùr les poèmes qu'il avait composés depuis longtemps. Soudain )n perd sa trace ; on sait seulement qu'il revint au cloître Saintienoit. Un soir de l'automne 1 463, il assiste à une rixe devant la )Outique de François Ferrebouc, rue Saint-Jacques. C'est tout. V cette date, Villon n'avait guère plus de trente-deux ans, mais a pauvreté, la maladie, les excès, l'avaient marqué, vieilli. Il est •royable qu'il mourut jeune. Rabelais a écrit sur lui de beaux ;onles. Eu fait, a-t-ou dit, le poète du Grant Testament finit